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Interview de Maîtresse Blanche

J'ai rencontré Maîtresse Blanche en janvier 2020 pour lui poser quelques questions. Voici un petit compte-rendu de ses réponses, à défaut de pouvoir les restituer directement, pour diverses raisons.


Vous pouvez la suivre sur son site site internet, ainsi que ses comptes Twitter, Fetlife et Onlyfans.



• Qui est Maîtresse Blanche


Maîtresse Blanche a commencé à exercer comme dominatrice professionnelle aux alentours de 2015, après plusieurs années de pratique dans un cadre privé.

Se disant dominatrice, amazone, gynarchiste, sadomasochiste et polyandre, elle se démarque notamment par son souci du détail très élaboré et son inclinaison à ne pas faire de concessions quand il s’agit de ses codes de conduite et son univers.


A l’heure de cet article, elle tient désormais un nouveau lieu, GNC Blanche, ouvert en mai 2020. Hospitalisation et fétichisme médical, nursing et ABDL, emprisonnement et séquestration, discipline domestique, jeux religieux, sont autant d’univers et thématiques qu’elle met à disposition de ses clients. Elle y propose des séances allant de trois ou quatre heures minimum jusqu’à plusieurs jours.

Avant ça, Maîtresse Blanche exerçait son activité de dominatrice professionnelle dans un cadre plus classique, avec des séances plus courtes, en donjon.



• Ce qui lui plaît dans la domination


Plus que tout, Maîtresse Blanche aime jouer avec les émotions des autres, les faire voyager, être maître du jeu. C’est d’ailleurs pour elle quelque chose de différent du plaisir sadique, qu’elle possède également. Maîtriser l’autre dans sa complexité et ses limites, le conduire sur un terrain accidenté… C’est ici que se trouve son plaisir à dominer.

Mais ce plaisir à dominer ne pourrait durer sur le long terme dans sa vie sans son principal moteur : tout l'amour et la tendresse qu'elle a pour la soumission et la dévotion de l'autre. Bien caché derrière une attitude autoritaire et un sadisme certain, elle considère que c'est cet amour-là, envers ce qu'elle appelle les profonds soumis, qui lui permet notamment d'aimer autant ce qu'elle fait.

D'un point de vue plus pratique, l’aspect de mise en scène très poussé dans sa domination s’ajoute à ces plaisirs. Cet aspect-là, de même que son appétence pour les costumes, s’est développé au fil des années chez à elle, à mesure que sa maîtrise des pratiques s’est aiguisée.


Très cérébrale et avec une tête bien remplie, elle tire parfois son plaisir de détails infimes dans ses séances, dont le soumis serait loin de se douter.


• La domination comme métier

La mise en place de son activité l’a amenée à enfiler de nombreuses casquettes différentes, et d’apprendre et découvrir beaucoup de choses. Ça lui plaît beaucoup.


Si Maîtresse Blanche est devenue professionnelle dans cette activité, c'est parce qu'elle envisage son approche du BDSM comme un véritable mode de vie. L'essentiel de ses actes et de ses projets y sont consacrés. Ce faisant, se professionnaliser était pour elle le moyen idéal de creuser encore plus cette très forte passion, se l'approprier totalement, et en faire une vie complète.


La dimension professionnelle lui permet, par de nombreuses rencontres qu’elle ne ferait pas autrement, de toucher à des sensibilités différentes et des approches nouvelles et parfois plus élaborées, venant ainsi alimenter ce mode de vie qu'est le sien. Si tout l’aspect de gestion (communication, répondre aux dizaines de mails par semaine…) ne lui plaît pas beaucoup, elle apprécie énormément la diversité des personnes que son activité lui permet de rencontrer. Créativité, apprentissage et surprises sont alors de mise, autant de choses qu’elle aime. Aussi, cela lui demande nécessairement de s’adapter à des profils humains pouvant parfois être très différents du sien, et faire ainsi preuve de plasticité et d’observation.

Si Maîtresse Blanche estime qu’il n’y a rien de thérapeutique à proprement parler dans son SM (malgré, bien sûr, les choses profondes qu’elle peut venir remuer), elle cherchera malgré tout souvent à laisser une chose nouvelle, un petit plus, à la personne venue la voir. Aussi, perçue comme très intuitive par les clients qui lui viennent, elle prend plaisir à s’adapter à ce qu’elle perçoit chez ces derniers, autant les craintes que les désirs.

• Son approche des séances


L’intensité rencontrée dans ses séances l’affecte beaucoup, le plus souvent de manière positive. C’est notamment cette intensité-là qui la passionne tant dans son activité, elle s’en nourrit.


Sa préparation d'une séance diffère selon les cas. Lorsqu’il s’agit d’un habitué, elle mettra l’accent sur le fait d’offrir des choses nouvelles.


Mais dans l’ensemble, elle aime se laisser aller à son inspiration à la lecture de la présentation du soumis, et ne pas s’imposer quelque chose de trop prédéfini. Métaphoriquement, elle se constitue un peu un paquet de cartes dans lequel elle pourra venir piocher, lui permettant d’improviser au cours de la séance.


• Sa vision sur le D/s et le SM


Maîtresse Blanche tend à distinguer les deux d’une manière que je n’avais personnellement pas envisagée : elle souligne qu’on peut très bien être masochiste et dominatrice, ou soumise et sadique. Pour autant, elle rappelle que le plus souvent, soumise ira effectivement de pair avec maso, et inversement.


En effet, là où le SM concerne purement les pratiques, le D/s est quant à lui une question de posture et d’autorité. Par ailleurs, elle se demande justement si elle ne posséderait pas elle-même un petit côté maso, en parallèle de son sadisme, en cela qu’elle va jouir aussi de se projeter dans le masochisme de l’autre.



• Mes impressions suite à l'interview de Maîtresse Blanche


Dotée d'une grande curiosité intellectuelle, j'ai du mal à imaginer une Maîtresse Blanche qui arrêterait totalement de recevoir des personnes soumises. Ces rencontres lui servent un peu de bac à sable géant, où elle laisse exprimer sa créativité et ses envies. Ainsi, franchir le seuil de sa porte revient à accepter de devenir sa pâte à modeler, et repartir avec la forme qu'elle nous aura donnée.


Elle possède d'ailleurs une approche très personnelle de ces rencontres-là, et c'est aussi pour cela qu'elle ne se prête pas au jeu d'un client qui aurait des envies trop dirigistes à ses yeux.


Elle m'apparaît être une femme très rigoureuse, qui se refusera à mettre en œuvre une idée avant de l'avoir complètement conceptualisée. Libre de tout code et s'étant construit le confort de ne pas se juger, je dirais qu'elle ne pratique pas la domination, mais bien sa domination. Enfin, j'ai été marqué par son approche plutôt humble et raisonnée de son activité. Si elle est sûre de ses qualités et talents, elle laissera toujours la porte ouverte à demain, et accepte de pouvoir évoluer, apprendre, à tout instant.


Séduite par l'intellectualisation des pratiques qu'elle met en place plus que leur réalité physique, Maîtresse Blanche ne sera que rarement en panne d'inspiration dans ce chemin de la domination qu'est le sien, et sur lequel elle semble aujourd'hui plus engagée que jamais.

Le dernier mot directement pour Maîtresse Blanche, parfois interloquée par l'approche de certains soumis...

Le bdsm est consensuel. Il repose sur le consentement et le safeword est un garde-fou essentiel pour pouvoir aller explorer loin dans les émotions, dans les pratiques, dans nos folies douces. C'est un gage essentiel de sécurité tant pour le soumis que pour la maîtresse ! Un soumis doit faire son maximum pour satisfaire sa maîtresse mais JAMAIS au détriment de ses limites. La soumission est une attitude, une philosophie, en aucun cas une pulsion destructrice consistant à se nier soi-même. La soumission doit être épanouissante pour qui la vit...

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