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MaƮtresse Blanche et Clara

  • Writer: BDSAIME
    BDSAIME
  • Sep 13, 2023
  • 21 min read

Updated: Jun 28, 2025

Ces derniers mois avec Maîtresse Blanche ont été témoins d'importants changements, et de très grandes expériences vécues. Au programme : 116 aiguilles plantées dans mon dos, une momification d'un genre extrême, et un nouveau prénom pour moi, dont je ne pourrais être plus fier.


• Succincte introduction


Cela fait un moment que je n’ai pas Ć©crit un peu ici, pour mon blog. J’ai eu une annĆ©e trĆØs intense avec la poursuite d’un objectif dĆ©terminĆ©, qui n’a pas Ć©tĆ© atteint. Je repars donc pour une autre annĆ©e toute aussi stressante, avec le mĆŖme objectif en tĆŖte.


J’ai malgrĆ© tout eu l’occasion de vivre d’autres moments prĆ©cieux avec MaĆ®tresse Blanche, avec qui ma relation d’appartenance ne cesse de se dĆ©velopper depuis l’étĆ© 2022. Elle m’a mĆŖme fait l’honneur de vouloir de moi la crĆ©ation d’un compte FetLife dĆ©diĆ© Ć  notre relation, et m’a renommĆ© pour l’occasion : Clara. J’en suis encore tout troublĆ© Ć  la rĆ©daction de cet article ! J’y vois une forme d’officialisation, de palier franchi, qui me retourne tout entier. Je suis trĆØs sensible aux Ć©manations tangibles d’une relation : cela me rassure. J'y reviendrai en fin d'article.


Lorsque MaƮtresse Blanche m'a dit qu'elle allait me renommer
Lorsque MaƮtresse Blanche m'a dit qu'elle allait me renommer

Avant le dĆ©but sa phase travaux (pour son nouveau lieu !) et le commencement de ma pĆ©riode plus de vie du tout ayant prĆ©cĆ©dĆ©e l’étĆ© 2023, MaĆ®tresse Blanche m’a fait l’honneur de me prendre pour toile humaine dans deux chapitres diffĆ©rents : aiguilles pour le premier ; momification Ć  la cire pour le second, des chapitres sur lesquels je veux revenir Ć©galement.


Deux challenges diffĆ©rents, deux expĆ©riences mĆ©morables dans mon univers Ć©rotique, certes aux mĆ©canismes bien distincts. La maĆ®trise nĆ©cessaire de mes Ć©motions et une grande dĆ©votion dans le premier cas, lĆ  où les aiguilles n’avaient jamais Ć©tĆ© une envie chez moi. Quant Ć  la momification, le sentiment de totale incapacitĆ© physique, d’une contrainte Ć  la fois omniprĆ©sente et confortable, ce qui est l’un des points cardinaux de mon univers de soumission et masochisme. Une momification au cellophane noir cependant marquĆ©e par une nouveautĆ© d’ampleur : une enveloppe de cire chaude par dessus le tout.


I - Les cent-seize aiguilles

Maîtresse Blanche avait dessiné le modèle au feutre à la base, on en voit encore une partie ici !
Maîtresse Blanche avait dessiné le modèle au feutre à la base, on en voit encore une partie ici !

Je n’ai jamais Ć©tĆ© attirĆ© par les aiguilles, voire rebutĆ© par elles. Le sang, les trucs pointus qui pĆ©nĆØtrent dans ma chair, ce n’est a priori pas pour moi. Je n’y Ć©tais mĆŖme pas Ā« ouvert Ā», ni curieux. J’avoue ne plus savoir de quelle maniĆØre MaĆ®tresse Blanche me l’a proposĆ©, mais je sais que je n’ai pourtant pas hĆ©sitĆ© Ć  accepter ce projet qu’elle avait avec moi.


Mon envie de plaire, de lui plaire, Ć©tait au centre de mon acceptation. Un accord tout de mĆŖme lucide et raisonnĆ© ; je n’accepte que ce que je pense malgrĆ© tout pouvoir tenir, au moins un minimum. Par ailleurs, je ne peux nier mon goĆ»t pour l’extrĆŖme, pour mes propres limites et frontiĆØres.

aiguilles bdsm Paris
Photo Ơ mi-chemin du rƩsultat final

Le fait d’être cobaye de MaĆ®tresse Blanche a Ć©tĆ© trĆØs important dans mon acceptation. Je nourris des sentiments pour elle, de ceux qu’on contemple parfois trop, de ceux qui entravent notre libertĆ© par la force des choses et leur intensitĆ©. De ceux, aussi, qui rythment un pan d’une vie, qui font danser notre intĆ©rieur et font s’accĆ©lĆ©rer le plus vital de nos organes.


En cela, accepter de me faire planter des aiguilles dans le corps par MaĆ®tresse Blanche Ć©tait, aussi et avant tout, accepter de vivre un moment fort avec elle. Ce lien avec elle Ć©tait le cœur de ma motivation. Je ne pense pas que j’aurais acceptĆ© une telle pratique avec une autre dominatrice, mĆŖme expĆ©rimentĆ©e et en qui j’ai confiance en tant que femme et pratiquante, pour qui je n’aurais pas de sentiments aussi passionnĆ©s, avec qui il n’y a pas de relation aussi forte. Pas pour cette pratique.


• Avant les aiguilles


Jusqu’au pas de sa porte, je ne me sentais pas trĆØs diffĆ©rent des prĆ©cĆ©dentes fois, ni mĆŖme des suivantes. Je prends le transilien, puis marche une vingtaine de minutes pour me rendre jusqu’à chez elle, tout Ć  la fois excitĆ© et stressĆ©, mon Ć©tat s’empirant Ć  mesure que le nombre de pas me sĆ©parant d’elle se rapproche du zĆ©ro.


Elle m’ouvre sa porte et je la dĆ©couvre ce jour-lĆ  avec un visage, un sourire des plus amusĆ©s. Elle rit, mĆŖme. J’adore voir de telles Ć©motions en elle : je me sens sa poupĆ©e submergĆ©e de tout. Plus elle semble s’amuser de moi et avec moi, plus je deviens inapte Ć  tout ! Je disparais, aspirĆ© par le trou noir de mes sentiments. Ce jour-lĆ , je m’étais coiffĆ© juste devant chez elle d’un serre-tĆŖte de renne de noĆ«l, pour fĆŖter avec elle la pĆ©riode de l’annĆ©e dans laquelle nous Ć©tions. Elle a beaucoup ri de moi.

MaƮtresse Blanche a rƩussi Ơ me convaincre...
MaƮtresse Blanche a rƩussi Ơ me convaincre...

Je suis assis sur le sol, et elle me surplombe alors que nous discutons un peu de l’épreuve Ć  venir. Elle me donne quelques consignes, des guides, cela me rassure. Je finis habillĆ© d’un ZentaĆÆ noir, et d’un bonnet de bĆ©bĆ©, en prĆ©vision des prises de vue.


Pour une telle Ć©preuve, j’espĆ©rais secrĆØtement ĆŖtre bĆ¢illonnĆ© - cela ayant toujours un effet rassurant, confortant et en mĆŖme temps trĆØs asservissant sur moi. J’ai donc tendance Ć  croire que cela me rend les Ć©preuves difficiles plus accessibles. Mais il n’en fut rien, peut-ĆŖtre souhaitait-elle pouvoir communiquer avec moi facilement ce jour-lĆ . Pour autant, mĆŖme lorsque ma bouche reste libre, je n’aime pas faire usage de mots quand je suis dans le feu de l’action soumise avec elle, et je crois avoir observĆ© qu’elle-mĆŖme me prĆ©fĆØre ainsi. MaĆ®tresse Blanche est la seule de nous deux Ć  s’attribuer le luxe de s’exprimer par des mots.


Elle m’avait en revanche attachĆ© Ć  une petite chaise avec des sangles restreignant mes membres et mon tronc. Cette contrainte physique m’a beaucoup soulagĆ©, sur la base des mĆŖmes mĆ©canismes que ceux Ć©voquĆ©s ci-haut. Je pense que chaque seconde passĆ© sous ses doigts piquants m’aurait Ć©tĆ© bien plus pĆ©nible, difficile, sans cette bĆ©quille mentale que reprĆ©sente le fait d’être ainsi contraint par ses soins.



• Pendant les aiguilles


Je n’avais jamais Ć©tĆ© confrontĆ© Ć  la moindre aiguille dans ma vie dans le cadre d’une pratique SM, et MaĆ®tresse Blanche, pour ce baptĆŖme, m’en a plantĆ© 116 dans le dos ! Cent-seize aiguilles qu’il lui a fallu faire entrer et sortir de part et d’autre de ma peau pour chacune d’elle, donc deux-cent-trente-deux piqĆ»res ! Et cela, sans compter Ć©videmment le moment où il a fallu les retirer. Quelle premiĆØre pour moi.


- Les cinq premiĆØres aiguilles

Dans les rĆØgles de l’art, d’hygiĆØne et de sĆ©curitĆ©, MaĆ®tresse Blanche me transperce une premiĆØre fois : me voilĆ  baptisĆ©. J’ai cru un moment que l’aiguille avait touchĆ© l’organe sur la gauche de ma poitrine, mais non. C’était juste elle, rien d’inhabituel. S’agissant du motif entamĆ©, elle m’avait annoncĆ© quelques minutes plus tĆ“t qu’elle comptait dessiner sur mon dos un bonhomme dans un style purement enfantin.


Les premiĆØres aiguilles rentrent une par une, dĆ©licatement. Je ressens la douleur, qui reste supportable, dans le sens où je m’attendais Ć  pire. La difficultĆ© se trouve surtout dans la gestion de mes Ć©motions, notamment s’agissant de l’anticipation systĆ©matiquement des micros-dĆ©chirements de ma chair, et ce plusieurs fois par minutes. L’endurance mentale, plus que physique, est Ć  mon sens le cœur du rĆ©acteur en cette matiĆØre mĆ©tallique aiguisĆ©e.


Pour supporter ces agressions, ces atteintes multiples Ć  mon corps et ma psychĆ©, il me fallait donc grandement me concentrer, donner de ma personne, me donner tout entier. Je me suis senti Ć©motionnellement trĆØs fĆ©brile pendant cette sĆ©ance : l’apprĆ©hension des jours prĆ©cĆ©dents, la nouveautĆ©, le choc pour ma chair, le choc pour ma tĆŖte... C’était beaucoup. Ma confiance envers MaĆ®tresse Blanche et mon envie profonde de lui plaire, de lui montrer que je pouvais faire l’affaire, que je pouvais ĆŖtre son soumis, m’a portĆ©.


- Les encouragements de MaƮtresse Blanche

La femme Ć  qui j’ai offert ma soumission m’a d’ailleurs Ć  quelques reprises explicitement encouragĆ©, soutenu, par des mots prĆ©cautionneusement choisis. Quel grand bien cela me faisait. Je n’entretiens Ć  ce jour aucune addiction dont je sois conscient, mise Ć  part celle de la mĆ©lancolie. L’addiction Ć  ses paroles de rĆ©confort me guetterait de trĆØs prĆØs elle aussi, si MaĆ®tresse Blanche ne savait si habilement les distiller.


De maniĆØre rĆ©guliĆØre, elle nous autorisait quelques pauses, afin de prendre des photos de cette scĆØne qui Ć©tait par ailleurs filmĆ©e. Elle posait ses mains sur moi, ma tĆŖte, mon corps, enroula son bras autour de mon cou, parfois, pour prendre la pause. Cela ne m’étonna pas, sur le moment, que mes premiĆØres Ć©rections se dĆ©clenchĆØrent Ć  l’occasion de ces instants. Si je supporte mal, instinctivement, le contact physique avec autrui dans mon quotidien (bien qu’ayant appris Ć  trĆØs bien faire illusion), celui avec ma MaĆ®tresse fait de moi un homme troublĆ©, voire intimement heureux, comme si j’obtenais malgrĆ© moi ce que je considĆ©rais ne pas mĆ©riter. La complexe sensation perƧue d’une tendresse mĆŖlĆ©e d’humiliation que j’ai dĆ©veloppĆ© vers la fin de mon prĆ©cĆ©dent article, Soumis en voyage.


Ces encouragements, ainsi que ces diffĆ©rentes pauses-photos, m’ont permis de tenir le coup sur la durĆ©e, pour cette premiĆØre, et ces cent-seize aiguilles plantĆ©es dans mon dos.


- Ɖtat second de concentration et lĆ©ger craquage

Clara Super Saiyen !
Clara Super Saiyen !

ParallĆØlement Ć  cela, j’entrais moi-mĆŖme, passĆ© la moitiĆ© de la construction du motif dans mon dos, dans une seconde phase de concentration. Une sorte de mode Super Saiyen ! L’entrĆ©e de chacune des aiguilles sous mon Ć©piderme me faisait alors moins mal, le temps passait plus vite, et j’avais l’impression (l’impression seulement) que je pouvais tenir encore des heures comme cela. Cet Ć©tat de grĆ¢ce n’aura pas durĆ© plus de vingt minutes sans doute, mais c’est toujours une expĆ©rience vivifiante. Le contrecoup de cet important effet psychologique ne tarda pas Ć  venir, alors que MaĆ®tresse Blanche approchait de la fin de son petit bonhomme.


En effet, je me suis mis Ć  faire de petits mouvements de va et vient avec mon buste, toujours attachĆ© sur la chaise. Le signe sans doute que, non, je ne pouvais pas tenir encore des heures comme cela, soumis Ć  une telle pression psychologique et physique. C’est MaĆ®tresse Blanche qui m’a fait remarquer mon mouvement mĆ©canique, je ne m’en Ć©tais pas aperƧu moi-mĆŖme ! LĆ  encore, sans doute ce manque criant de luciditĆ© Ć©tait l’émanation de l’énorme chantier que ce jeu d’aiguilles avait provoquĆ© en moi. La fatigue mentale Ć©tait prĆ©sente, j’arrivais au bout de mes ressources.


Fort heureusement, MaƮtresse Blanche Ʃtait, quant Ơ elle, arrivƩe au bout de son projet sur moi.


- La fiertĆ© d’avoir rĆ©pondu Ć  ses attentes, et mĆŖme les avoir dĆ©passĆ©es

Le dessin a donc Ć©tĆ© achevĆ©, et j’étais terriblement fier de moi, je dois bien le reconnaĆ®tre. Mon infirmiĆØre du jour, elle-mĆŖme, m’avait avouĆ© plus tĆ“t au cours de la sĆ©ance qu’elle s’était prĆ©parĆ©e en amont au fait que je pouvais Ć©ventuellement craquer assez vite, et ne pas lui permettre de finir son motif. J’ai apprĆ©ciĆ© son honnĆŖtetĆ© Ć  mon Ć©gard, et cela m’avait d’autant plus motivĆ© Ć  tenir jusqu’au bout !


Par ailleurs, cette petite rĆ©vĆ©lation de sa part (qu’elle s’était empressĆ©e de nuancer, ne connaissant que trop bien ma pente naturelle pour les nœuds de cerveau et l’interprĆ©tation de chaque mot), m’a fait prendre conscience de quelque chose de central dans ma relation avec elle, et ses attentes. Jusqu’à cet instant, j’étais dans l’erreur (classique chez les jeunes Ć¢mes) de croire que tout couac, tout projet avec moi non terminĆ©, toute faiblesse de ma part, ferait de moi un mauvais soumis, et en tout cas un soumis dĆ©cevant, Ć  tout le moins pour la sĆ©ance concernĆ©e. Pareille faiblesse serait donc inenvisageable pour moi.


Le rƩsultat final !
Le rƩsultat final !

De toute Ć©vidence, il n’en Ć©tait rien, et cette vision que j’avais de ses attentes en tant que MaĆ®tresse Ć©tait sans doute simplement gangrĆ©nĆ©e par mon perfectionnisme envahissant, et mes propres doutes. J’ai veillĆ©, sur le moment, Ć  garder tout cela pour moi, et lui afficher une rĆ©action la plus simple du monde, comme si tout cela Ć©vident – ce n’était pas le moment pour autre chose que les aiguilles et les acquiescements.


Mais, sans l’ombre d’un doute, le fait qu’elle m’ait donc dit avec le sourire, avec une totale dĆ©contraction, qu’elle ne pensait peut-ĆŖtre pas que je tiendrais aussi longtemps et qu’elle s’y Ć©tait prĆ©parĆ©e, m’a permis de prendre conscience de maniĆØre bien concrĆØte que les attentes qu’elle avait de moi en tant que soumis n’étaient pas celles que je pensais. Je crois qu’elle ne me veut pas parfait, mais qu’elle me veut juste impliquĆ©, respectueux. Cela m’a touchĆ©, et m’a aidĆ© par la suite dans notre relation.


• AprĆØs les aiguilles, le spectaculaire "sub-drop"


Il a fallu après cela peut-être encore vingt minutes pour retirer les aiguilles de mon dos. Déjà, à ce moment-là, je supportais beaucoup moins ces petites douleurs, tout était plus pénible, je me sentais très fragile, sur la brèche.


Cœur Ć  vif et toutes aiguilles retirĆ©es, j’ai connu un sub-drop trĆØs intense, dont j’ai plaisir Ć  me souvenir aujourd’hui. AprĆØs mon durable pic physique et Ć©motionnel m’ayant permis de si bien supporter ce dĆ©fi, c’était le logique contrecoup.

Totalement brisƩ, aux pieds de MaƮtresse Blanche...
Totalement brisƩ, aux pieds de MaƮtresse Blanche...

Mes tremblements avaient commencĆ© lorsque j’étais encore assis sur la chaise, MaĆ®tresse Blanche occupĆ©e Ć  retirer les aiguilles. J’avais froid, trĆØs froid, malgrĆ© mon ZentaĆÆ. Mais tout a pris une dimension diffĆ©rente lorsque j’ai finalement pu rejoindre mon Ć©lĆ©ment naturel dans pareil cas – le sol.


AllongĆ© Ć  terre, aux bottes de MaĆ®tresse Blanche, je tremble beaucoup plus. Ce ne sont plus des millimĆØtres qui bousculent mes muscles, mais bien des centimĆØtres. Dans le mĆŖme temps, des sueurs froides prennent le meilleur sur moi. Psychologiquement, je n’y suis plus, non plus, et c’était fort agrĆ©able : je ne rĆ©flĆ©chissais plus, je ne faisais que ressentir. Un lĆ¢cher-prise physique et mental, de ceux qu’on ne maĆ®trise pas et qui peuvent faire peur lorsqu’on manque d’expĆ©rience. Je relĆ¢chais mĆ©caniquement et malgrĆ© moi quelques rĆ¢les, gĆ©missements, le cri du vaincu, la mise en garde du mourant. L’appel du vulnĆ©rable, rĆŖvant protection.

MaƮtresse Blanche et moi
MaƮtresse Blanche et moi

Quelques larmes silencieuses et passĆ©es inaperƧues sont mĆŖme venues lacĆ©rer mes joues rougies par l’effort. Je tenais les cuissardes de Maitresse Blanche de mes mains tremblantes, et y faisait Ć©chouer mon visage submergĆ© de tout. C’était elle qui m’avait fait tout ce mal, je ne pouvais donc que l’aimer d’autant plus.


J’aurais aimĆ© rester brisĆ©, Ć  ses pieds, dix minutes supplĆ©mentaires. Profiter un peu plus de ce cimetiĆØre du vivant. Cet instant m’a paru si court. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, y compris la sensation d’être Ć  l’aube de la mort, dans la tranquillitĆ© d’âme d’une agitation du corps.


J’ai vĆ©cu ce jour-lĆ  plusieurs heures exceptionnelles, de celles dont le souvenir de la seule mĆ©lodie suffit Ć  donner sens Ć  un semblant de vie. Une chance.



II – Momification Ć  la cire


• Mon fĆ©tichisme pour les adhĆ©sifs et genĆØse du projet


Je n’en fais pas un secret, le fait d’être attachĆ© (au sens large du terme, englobant donc toute forme de contrainte physique jusqu’à l’immobilisation) fait partie des pratiques qui me passionnent le plus. Plus que cela encore, j'en suis troublĆ©. Cela provoque chez moi une rĆ©action immĆ©diate au niveau de la ceinture, mais me tranquillise aussi beaucoup psychologiquement, tout en dĆ©veloppant en moi un trĆØs fort sentiment d'asservissement.


A ce titre, MaĆ®tresse Blanche avait laissĆ© son empreinte dans mon vĆ©cu Ć©rotique Ć  l’étĆ© 2020, où j’avais dĆ©couvert grĆ¢ce Ć  elle les sangles SĆ©gufix sur son lit d’hĆ“pital. J’avais en effet connu une immobilisation complĆØte et confortable, mais aussi plus humiliante que la moyenne dans mes expĆ©riences passĆ©es, en cela que ma position sur le lit, allongĆ© sur le dos, membres Ć©tendus et plaquĆ©s au matelas, me donnait l’impression d’être Ā« offert Ā», et particuliĆØrement vulnĆ©rable. Cela reste un souvenir trĆØs fort sur lequel je fantasme beaucoup.


J’ai par ailleurs de multiples fĆ©tichismes, les adhĆ©sifs en faisant partie, lĆ  encore, au sens large, incluant donc en partie le cellophane. La vue, le bruit et le toucher ne me laissent pas indiffĆ©rent. Dans ce domaine-lĆ , j’ai aussi (et comme souvent) un attachement particulier pour la superposition de couches d'adhĆ©sif – chaque couche supplĆ©mentaire Ć©tant toujours plus humiliante et contrĆ“lante, mais aussi porteuse d’attention.

Mon obsession relative pour les adhĆ©sifs est aussi, je le remarque, liĆ©e Ć  ma passion pour le fait d’être bĆ¢illonnĆ©, une sensation qui me parle au plus profond de mon Ć¢me. Chaque fois que j’envisage un adhĆ©sif dans un contexte pour moi Ć©rotique, c’est la vision de ma bouche et toute la partie basse de mon visage complĆØtement maĆ®trisĆ©e sous de multiples couches d’adhĆ©sifs qui me vient en premier Ć  l’esprit. Des gĆ©missements Ć©touffĆ©s sont alors tout ce qu’il me reste.


Je me souviens encore de l’endroit où j’étais lorsque je reƧus en fin d’aprĆØs-midi un message de MaĆ®tresse Blanche, me joignant une photo d’une tĆŖte recouverte de cire, et me demandant si j’étais capable de supporter cela. Je rĆ©ponds par la positive, par ailleurs enchantĆ© de comprendre qu’elle pouvait parfois penser Ć  moi en mon absence et prĆ©voir des envies particuliĆØres pour nous deux !


Elle ne m’avait fourni aucun dĆ©tail Ć  ce stade, mais j’avais pu comprendre que je serai momifiĆ© ! Sans savoir cependant avec quel type de matĆ©riel : adhĆ©sif (duct tape) ou plutĆ“t cellophane ?


Toujours est-il que cette fin d’aprĆØs-midi-lĆ , aprĆØs la lecture de son message, il m’a fallu naviguer dans les couloirs du bĆ¢timent dans lequel je me trouvais en prenant garde Ć  ce que les gens que je croisais ne remarquent pas la bosse bien visible sous mon pantalon.


• Bzzz ! Ɖlectrodes posĆ©es !

Le jour que j’avais tant anticipĆ© Ć©tait arrivĆ©, et me voilĆ  de nouveau avec MaĆ®tresse Blanche, tout troublĆ© et impressionnĆ©, comme toujours. Je dĆ©couvre alors rapidement que la momification qui prĆ©cĆØdera la couche de cire chaude sera opĆ©rĆ©e au moyen de cellophane noir.


Mais la dĆ©couverte la plus surprenante est de loin celle des Ć©lectrodes ! MaĆ®tresse Blanche prĆ©voit en effet d’en disposer Ć  diffĆ©rents endroits sur mon corps, qu’elle pourra ensuite activer Ć  sa guise lorsque je serai momifiĆ© et complĆØtement impuissant.


AprĆØs la pose minutieuse de ces malicieux perturbateurs Ć©lectriques, MaĆ®tresse Blanche doit procĆ©der Ć  la plus grande partie de la momification alors que je suis toujours debout. Son expĆ©rience parle ! Je me fais quelque peu corriger, parce que je ne peux malheureusement pas m’empĆŖcher d’arborer une Ć©rection soudaine dĆØs le commencement du procĆ©dĆ©, et cela ne l’arrangeait pas dans sa libertĆ© de mouvement.


Cette phase de construction dans une momification (comme de toute immobilisation poussĆ©e de maniĆØre gĆ©nĆ©rale) est toujours trĆØs forte de sens pour moi, et mĆŖme chargĆ©e Ć©motionnellement. Je pourrais aller jusqu’à dire qu’il s’agit de l’un de mes moments prĆ©fĆ©rĆ©s, dans lequel j’apprĆ©cie particuliĆØrement me retrouver seul, en intimitĆ© avec ma MaĆ®tresse, et ne faire que subir, supporter, recevoir. Bien que contraint et humiliĆ©, je me sens objet d’affection, de son affection.


• MomifiĆ© et Ć©touffĆ© : retour sur un rĆŖve Ć©veillĆ©


MomifiĆ© du tronc aux genoux, MaĆ®tresse Blanche me fait ensuite aller tant bien que mal sur la large table d’examen, sur laquelle je me retrouve allongĆ©. Elle peaufine alors la momification, de la tĆŖte aux pieds. Sans surprise, le moment où elle s’est employĆ©e Ć  recouvrir mon visage fut mon prĆ©fĆ©rĆ© de tous.

Momifié, avec des électrodes posées sur mon corps, dont les câbles traversent des tuyaux de plastique
Momifié, avec des électrodes posées sur mon corps, dont les câbles traversent des tuyaux de plastique

Pour cette fois-ci cependant, je n’aurais pas l'occasion de vivre une momification qui recouvre et condamne parfaitement ma bouche, orifice de mes souffrances et cimetiĆØre de mes souvenirs les plus douloureux. MaĆ®tresse Blanche me place un petit tuyau en plastique dans la bouche avant de me momifier le visage autour de cet appendice de plastique, me permettant de respirer par voie orale, alors que mes narines seront, elles, entiĆØrement recouvertes. C'Ć©tait une premiĆØre pour moi.


Par ailleurs, je ne peux cacher le plaisir Ć©prouvĆ©, en tant que soumis, dans le soin qu’elle a apportĆ© Ć  la momification de la partie basse des jambes et de mes pieds. Elle ne laisse rien au hasard, MaĆ®tresse Blanche se veut avoir le sens du dĆ©tail. Je ne peux me sentir rien d’autre que piĆ©gĆ©, que soumis, et mĆŖme asservi, lorsqu’elle m’accule psychologiquement de cette faƧon.

J’y Ć©tais, je me trouvais dĆ©sormais parfaitement momifiĆ© des mains de MaĆ®tresse Blanche, de ce cellophane noir profond, qui me donne pourtant bien meilleure mine Ć  mes yeux.


MaĆ®tresse Blanche s’approche alors de moi – je ne pouvais la voir, mais la ressentir, oui. Je constate un silence, une fĆŖlure dans le temps, puis, soudain, de la panique. Elle avait posĆ© son doigt sur l’extrĆ©mitĆ© du tuyau, mon seul apport en oxygĆØne. Je ne respire plus, et je n’aurais pu y faire quoi que ce soit, mĆŖme si les pires souffrances, mĆŖme si ma vie en dĆ©pendait. J’avais dĆ©passĆ© le stade de la vulnĆ©rabilitĆ© : je n’étais plus – et, diantre, je ne m’aime jamais plus que dans ces instants-lĆ .

Je ne respire toujours pas.

Deux secondes se sont Ć©coulĆ©es depuis que MaĆ®tresse Blanche, sans crier gare, m’a privĆ© de mon seul apport en oxygĆØne. Le temps s’écoule lentement, et en mĆŖme temps j’aimerais que cet instant dure Ć  jamais. Tant pis pour les consĆ©quences. Mon corps Ć©met cependant des signaux contradictoires Ć  cet instinct morbide : je ressens de lĆ©gĆØres convulsions interne, ma gorge s’agite, se dĆ©bat.


Ā« PitiĆ© ! PitiĆ© ! ArrĆŖtez cela, je vous en supplie ! Ā». Ce sont en ces mots que, encore privĆ© de vie gazeuse, j’aurais aimĆ© m’exprimer Ć  elle, si je l’avais pu. Bien entendu, je ne trompe personne, en tout cas pas elle : ces mots n’auraient Ć©tĆ© lĆ  que pour accentuer ma passion brĆ»lante pour elle Ć  cet instant prĆ©cis, mais jamais je n’aurais voulu qu’elle retire son doigt. Certes, les secondes se faisaient de plus en plus lourdes, alors que nous venions peut-ĆŖtre d’entamer la quatriĆØme d’entre elles. Mais plus lourdes ces secondes Ć©taient, plus je me sentais pris, Ć©pris, mĆŖme. Je ne voulais rien d’autre que me faire piĆ©tiner, Ć©craser, annihiler par son contrĆ“le sur moi, par son sadisme tout sauf aveugle.


Elle avait le pouvoir de vie et de mort sur moi. Mais je lui fais confiance, parce que je ne m’aime jamais autant que dans mes gĆ©missements Ć©touffĆ©s pour elle. Si je ne peux pas croire en cela, alors je deviens un homme qui ne croit plus en rien.


MaƮtresse Blanche me fait vivre des sensations fortes
MaƮtresse Blanche me fait vivre des sensations fortes

Ces cinq ou six secondes ont Ć©tĆ© parmi les plus intenses de ma vie. Ce qui m’a le plus flattĆ© a Ć©tĆ© de constater qu’elle s’est permis ce mouvement audacieux sans le moindre avertissement prĆ©alable. J’ai aimĆ© le sentiment de surprise autant que la confiance qu’elle ressent probablement avec moi pour se l’être elle-mĆŖme permise.


Elle savait qu’une telle dĆ©cision serait trĆØs bien accueillie par son soumis, sans l’ombre d’un traumatisme, ni mĆŖme d’un doute. Je la remercie pour cela.



• MomifiĆ© des heures durant


Je suis restĆ© un certain temps momifiĆ©, sans pouvoir chiffrer ce ressenti. Je sais que la totalitĆ© de cette expĆ©rience a durĆ© cinq heures environ. (En incluant la prĆ©paration jusqu’à la libĆ©ration de l’enveloppe de cire Ć  venir).


MaĆ®tresse Blanche devait vaquer Ć  d’autres occupations, notamment Ć  la prĆ©paration de la cire, qui lui demandera plus de temps qu’elle ne l’avait prĆ©vu. J’étais donc le plus souvent seul dans la piĆØce, Ć  l’exception des moments où elle venait contrĆ“ler briĆØvement que tout allait bien. ChaussĆ©e de ses bottes, je pouvais l’entendre venir de loin.

AprĆØs qu'elle a recouvert de cellophane les bandages fixant les tubes en plastique
AprĆØs qu'elle a recouvert de cellophane les bandages fixant les tubes en plastique

IsolĆ©, empaquetĆ©, j’ai tant aimĆ© tenter me dĆ©battre, m’agiter difficilement, avec la systĆ©matique finalitĆ© de constater que je ne pouvais rien faire, que j’étais battu. Pourtant, je me sentais bien, apaisĆ©, sĆ©curisĆ©, voire protĆ©ger. La souplesse d’une une bĆ»che, et pourtant si lĆ©ger. MaĆ®tresse Blanche m’avait capturĆ© et transformĆ© en une chose informe au point de me sentir rĆ©ifiĆ©. Je n’étais pas seulement bien, j’étais heureux.


Heureux, parce que maĆ®trisĆ©, parce que invisibilisĆ© et appropriĆ©. J’étais sien. Chose clouĆ©e où elle l’avait dĆ©cidĆ©, je me sentais pourtant l’âme plus libre qu’à l’habitude, et ce, sans mĆŖme avoir besoin de me perdre dans les mĆ©andres de mes pensĆ©es mĆ©lancoliques, un espace-temps duquel je ne ressors jamais complĆØtement indemne pour le reste de ma journĆ©e. CapturĆ© et gardĆ© par MaĆ®tresse Blanche, j’étais Ć  la fois libre et enthousiaste – sentiment rare en moi.


MomifiĆ©, j’ai beaucoup pensĆ© Ć  elle. Elle occupait mon esprit la grande majoritĆ© de mon temps de chose. Je cherchais aussi Ć  prendre conscience de la chance que j’avais de vivre cet instant-lĆ , avec elle. Je me suis repassĆ© le cours de notre petite histoire, une nouvelle qui, je l’espĆØre, deviendra roman. J’ai commencĆ© par la soirĆ©e où je l’avais rencontrĆ©e, entourĆ© de Mistress Elis Euryale et deux autres clients, puis la nuit qui avait suivi, les journĆ©es et les semaines. L’honnĆŖtetĆ© m’oblige Ć  prĆ©ciser que je me demande bien parfois ce qui m’a valu d’entrer ainsi dans ses bonnes grĆ¢ces. C’est la question sans fin, c’est pourquoi je ne cherche pas Ć  y rĆ©pondre, et encore moins Ć  interroger la premiĆØre concernĆ©e. A quoi bon : la rĆ©ponse, si elle pouvait ĆŖtre, me hanterait Ć  jamais.


Laisser mes pensées se faire ligoter par Maîtresse Blanche, mon corps confortablement immobilisé par la vedette de mon univers érotique. Existe-t-il meilleur remède à ma vie ?


• Les Ć©lectrodes


Alors que la cire Ć©tait toujours en prĆ©paration, MaĆ®tresse Blanche me fait l’honneur de tester les Ć©lectrodes qu’elle avait disposĆ©es sur moi prĆ©alablement Ć  la momification.

Elle m’avait averti que l’un des quatre jeux d’électrodes ne fonctionnait plus, et le temps Ć©tait donc venu de les tester pour trouver l’intrus... Verdict : il s’agissait des Ć©lectrodes situĆ©es au niveau de mon entrejambe. J’ai Ć©tĆ© chanceux !


MaĆ®tresse Blanche lance l’attaque Ć©lectrique sur moi, pouvant par ailleurs moduler l’intensitĆ© des dĆ©charges avec sa tĆ©lĆ©commande. Les niveaux en-dessous du niveau maximum sont tout Ć  fait supportables, mais ce dernier se fait quant Ć  lui bien ressentir, et voilĆ  que mes fesses dansent et s’agitent au rythme de la pression Ć©lectrique et de mes rĆ¢les coordonnĆ©s.


C’est une expĆ©rience particuliĆØrement plaisante que de se retrouver victime de dĆ©charges Ć©lectriques tout en Ć©tant parfaitement sans dĆ©fense, solidement confinĆ© dans une momification de cellophane. Le sentiment d’impuissance n’en est que dĆ©cuplĆ©. Je me faisais agresser, torturer, par une MaĆ®tresse Blanche joueuse et enthousiaste. Mes quelques rĆ©actions incontrĆ“lĆ©es, en rythme, en rĆ©ponse aux plus lourdes stimulations Ć©lectriques, la faisaient rire. J’aime tant son sadisme et sa perversitĆ©, j’adore ĆŖtre son objet, son jouet privĆ© de volontĆ© propre. LĆ -dessus, rien de nouveau, il est vrai.


• Pose de la cire chaude, froid sarcophage

La cire est prĆŖte Ć  ĆŖtre appliquĆ©e sur mon enveloppe de cellophane. MaĆ®tresse Blanche me demande de garder les yeux fermĆ©s, alors qu’elle ouvre trĆØs succinctement mon masque de cellophane au niveau de mes yeux pour y placer du coton, avant d’envelopper de nouveau le tout. Je dois l’avouer, quand bien mĆŖme serait-ce peu conventionnel : cela a Ć©tĆ© l’un de mes moments prĆ©fĆ©rĆ©s. Je ne me sens pas fĆ©tichiste du coton, pourtant. En revanche, du blanc immaculĆ© des produits d’hygiĆØne, dĆ©jĆ  beaucoup plus. Par ailleurs, ressentir cette douce Ć©paisseur comprimĆ©e entre ma peau et le cellophane Ć©tait une expĆ©rience physiquement trĆØs excitante pour moi. Cette compression que je pouvais dĆ©sormais ressentir au niveau des mes yeux fermĆ©s avait encore amplifiĆ© ma sensation de confinement.


Cette protection oculaire alors en place, MaĆ®tresse Blanche commence Ć  me verser la cire chaude sur le tronc, protĆ©gĆ© par mon paradis de plastique noir. Je sens certes une forte chaleur, mais cela ne brĆ»le pas. Toujours mĆ©ticuleuse, elle se sert d’une spatule – je crois, pour les finitions.


Elle terminera par le visage, un moment de légère appréhension pour moi, je le reconnais, mais tout ce sera passé aussi bien que pour mon corps !


La sensation de chaleur est agrĆ©able. Mais, trĆØs vite, la cire durcit, Ć©videmment. Cette impressionnante couche de cire sur l’intĆ©gralitĆ© de ma momification m’a offert une expĆ©rience alors tout Ć  fait inĆ©dite.

Je ne pourrai que peiner Ć  tenter de dĆ©crire exactement l’effet de la momification Ć  la cire. Lorsque cette derniĆØre refroidit, c’est un tout nouveau type d’immobilisation qui fait jour. Un vĆ©ritable sarcophage taillĆ© sur mesure. LĆ  où la momification classique laisse toujours quelques millimĆØtres d’élasticitĆ©, ne serait-ce qu’un seul (et c’est aussi cela qui est plaisant !), la carapace de cire tend Ć  se rapprocher de la sensation qu’offre le vacuum bed (mais avec une plus importante pression physique ressentie).


L’expĆ©rience Ć©tait maintenant menĆ©e Ć  son terme, la chose que j’étais Ć©tait terminĆ©e. Je me suis dĆ©lectĆ© des minutes qui ont suivi, une expĆ©rience intellectuelle et psychologique saisissante. Il y avait tout de mĆŖme une part de dĆ©fi non nĆ©gligeable. Je trouve la respiration buccale moins instinctive que la nasale, il me fallait donc parfois gĆ©rer et me concentrer pleinement pour rester calme. Il est facile de cĆ©der Ć  la panique en restant des heures entiĆØres momifiĆ©. Mon sarcophage de cire a accentuĆ© ce dĆ©fi, en cela que l’importante pression physique omniprĆ©sente qu’elle opĆ©rait sur moi pouvait ĆŖtre angoissante.


J’ai aimĆ© ce dĆ©fi, et mĆŖmes ces sensations. Dans des moments si extrĆŖmes, je n’ai pas le luxe de m’abandonner, pas cette fois.


C’était par ailleurs le moment idĆ©al pour MaĆ®tresse Blanche de me torturer de nouveau avec les Ć©lectrodes. C’était encore mieux que la fois prĆ©cĆ©dente ! La cire m’empĆŖchait de gigoter au rythme des dĆ©charges malicieuses, et cela amusait ma tortionnaire. Les sensations elles-mĆŖmes Ć©taient vivifiĆ©es par mon impossibilitĆ© plus que totale de bouger.

Enfin ! Je n’étais plus rien. Finalement, libĆ©rĆ© de moi-mĆŖme.


Parce que je n'avais plus du tout la possibilité d'extérioriser physiquement ces décharges électriques reçues, mes râles et gémissements s'en sont trouvées démultipliées. Cela a beaucoup amusé Maîtresse Blanche je crois, qui s'est employée à tester le "son" de chacune des électrodes positionnées sous le cellophane, sous la cire, sous mon aura de béatitude.


Ce concerto d'électrodes qui s'ajoutait à une momification aussi poussée n'était pas que la cerise sur la gâteau, mais bien plus. Qu'elle ait pu penser à coupler les deux en dit beaucoup, selon moi, sur sa créativité en tant que dominatrice. Souffrir aux mains de Maîtresse Blanche, dans une impuissance mécanique totale... Un souvenir que je recyclerais volontiers en éternelle finalité.



• La libĆ©ration

Maîtresse Blanche me relâche de prison
Maîtresse Blanche me relâche de prison

La sortie de mon cocon infernal restera un souvenir important pour moi. Cela avait d’ailleurs fait rire MaĆ®tresse Blanche. AprĆØs plusieurs heures d’immobilisation et de concentration intense, je me suis retrouvĆ© tout tremblant, recroquevillĆ©, peinant Ć  actionner chacun de mes muscles, le tout trempĆ© de sueur. Une sacrĆ©e crĆ©ature que j’étais. Physiquement, le contraste devait donc ĆŖtre total en comparaison de mon Ć©tat mental : absolument Ć©puisĆ© Ć©motionnellement, certes, mais si heureux, si lĆ©ger, si Ć©panoui.


J’ai dĆ» mettre par ailleurs plus de deux minutes complĆØtes pour ouvrir convenablement mes yeux. La lumiĆØre m’aveuglait, et mes paupiĆØres refusaient d’obĆ©ir aux injonctions de mon cerveau.


Ce jour-lĆ , j’ai vĆ©cu une expĆ©rience de momification rare et prĆ©cieuse. Un concentrĆ© de bonheur Ć  l’état pur.



III – Clara

Je l’ai Ć©voquĆ© en introduction de cet article, et je ne pouvais pas ne pas revenir dessus tant cela a marquĆ© mes derniĆØres semaines.


MaĆ®tresse Blanche m’a attribuĆ© ce prĆ©nom : Clara, une naissance qui s’est accompagnĆ©e d’un compte FetLife dĆ©diĆ© Ć  ma relation avec elle. Je me sens fier et honorĆ©, tout simplement. A tort ou Ć  raison, je ne peux faire autrement que le vivre comme une forme d’accomplissement, de palier franchi. Je le confesse : pendant les dix premiers jours, je consultais mon propre profil quelques fois dans la journĆ©e sur mon tĆ©lĆ©phone, avec le regard perdu et un discret sourire un peu bĆŖte, je prĆ©sume. J’ai mĆŖme pris des captures d’écran, si jamais l’internet devait disparaĆ®tre pour toujours. Il n’emportera pas mon profil avec lui !


Je me sens diffƩrent ; je me sens Ơ elle, plus que jamais.

Je me sens tout neuf ; je me sens reconsidƩrƩ.

Je ne suis plus soumis Ć  l’essai, je suis Clara ! EnchantĆ©e !


• D’homme soumis, je suis presque passĆ© Ć  accessoire


Je vois un petit cĆ“tĆ© humiliant dans le fait d’être ainsi renommĆ© par un prĆ©nom que je n’ai pas choisi, et qui ne correspond pas Ć  mon genre. Et je ne le cache pas, j’adore cela, cette subtile humiliation mĆŖlĆ©e de bienveillante attention. Autant que le prĆ©nom en lui-mĆŖme, qui fait Ć©cho Ć  un cadeau que MaĆ®tresse Blanche m’avait offert il y a quelques mois, et qui m’a plutĆ“t marquĆ©.

Lorsque je consulte mon propre profil FetLife...
Lorsque je consulte mon propre profil FetLife...

Maintenant que je suis Clara, je me sens donc accessoire, chose, un je ne sais trop quoi qui ne pourrait être défini sans sa valeur référence immuable : Maîtresse Blanche.

Je suis devenu chiffre, et elle est l’unitĆ© de mesure. Ainsi, Clara ne peut exister sans MaĆ®tresse Blanche, et seul moi suis Clara. Pour autant, je ne suis pas que Clara !


Cette nouvelle naissance, en tout cas, me fait me sentir toujours plus Ć  elle. Je ne saurais exprimer avec fidĆ©litĆ© Ć  quel point je me sens flattĆ©. Elle me connaĆ®t que trop bien, aussi a-t-elle cependant voulu nuancer l’importance d’une telle nouveautĆ©, mais aussi sa fenĆŖtre temporelle. Je la crois. Je ne veux pas me dire qu'il existe un monde où cela aurait pu ne pas arriver et qu'il y en aurait eu des conclusions Ć  tirer.


Toujours est-il que mon cœur s’emballe chaque fois un petit peu quand je la vois Ć©crire ce prĆ©nom par message, ou lorsque je l’entends m’appeler ainsi Ć  l’oral.


Je reƧois ce prĆ©nom comme une marque d’affection, de tendresse, de considĆ©ration et de confiance. Quatre mots qui sonnent creux dans mon passĆ©, expliquant sans doute pourquoi ils tambourinent tant en cette fin d’article.


Mais le passĆ© restera où il est, et j’espĆØre vivre encore d’autres de ces grands moments avec ma MaĆ®tresse dans le futur.

MaƮtresse Blanche et moi en route vers de nouvelles aventures...
MaƮtresse Blanche et moi en route vers de nouvelles aventures...

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