La Loi du Talon : confessions d'une Dominatrice
- BDSAIME

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Publié en avril 2023 chez La Musardine, La loi du talon est un roman "largement autobiographique", selon ses propres mots, d'Alda Mantisse, aussi connue sous le nom de Madame Lule, une artiste pour qui le BDSM n'a que peu de secrets.

Madame Lule est une dominatrice professionnelle parisienne que j'ai déjà eu l'occasion de présenter sur ce blog, que ce soit au travers de mon kidnapping en 2020, ou de son interview en 2022 (que le temps passe vite).
Elle est présente sur X, ainsi que sur Facebook. Je vous invite à visiter son site internet, très complet. Elle y publie notamment ses actualités. Elle donne d'elle-même à travers sa plateforme artistique privée, La Férule, où vous pouvez la lire, l'écouter, la regarder, l'imaginer.
Vous pouvez acheter La loi du talon en E-book ou en version papier.
Le résumé du livre :
Saskia, la trentaine, vit aux Philippines. Elle a depuis toujours un rapport particulier au corps. Le sien d'abord, ses pieds nus qui, gamine, l'éblouissent par leur beauté. Celui des autres surtout, des corps à brutaliser, aimer, conquérir, soumettre, révérer... De retour en France à la suite d'une rupture, Saskia se lance dans l'un de ses grands projets : devenir dominatrice professionnelle. Cette activité la plonge dans le tourbillon des fantasmes masculins aussi inattendus qu'étranges. Au fil de " séances " mémorables ou pitoyables, elle doute, exulte, s'interroge, s'indigne parfois, et se confronte à ses propres limites dans une société dont les lois rendent le travail du sexe si difficile. Au-delà du BDSM, ce roman largement autobiographique montre que l'inacceptable, le tordu ou le pervers ne résident pas toujours où on le pense. L'écriture à la fois tendre, drôle et crue dessine les contours d'un travail hors-norme. Notre curiosité se meut peu à peu en un profond attachement envers cette Maîtresse-Femme qui fait le mal, si bien.
Pourquoi ce livre – Madame Lule
Pourquoi ce livre : d'abord, parce que la plume de Madame Lule, ou Alda Mantisse, est un régal !

Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir son œuvre. Je me suis procuré La loi du talon en octobre 2023. (Oui… je conviendrai facilement du fait que j’ai mon propre rythme pour faire avancer les choses). Je lis à la fois beaucoup et très peu - cela fait plusieurs années que je tourne en boucle sur De l’inconvénient d’être né, de Cioran. Cela relève sans doute de la maladie mentale à ce stade, mais fort heureusement, je ne suis plus à cela près.
Femme, artiste et Dominatrice, elle tient un site internet comme je n’en ai trouvé aucun équivalent. Généreux, riche d’un contenu très personnel et passionné. Elle se livre à nous, elle s’expose, elle et sa vision, sans craindre de perdre de sa stature. Pour un soumis, un client, c’est un trésor. La structure seule de son site semble avoir demandé un travail de réflexion et un investissement personnel très conséquent. Bref, j’adore son site, et il fait partie de ceux sur lesquels je repasse régulièrement pour le seul plaisir de l’évasion. Elle aime ses clients, et ne parviendrait pas à le masquer même si elle le voulait.
C’est agréable de la lire, sur son site et ailleurs. Elle écrit si bien. Je ne pourrais cependant établir quelconque propos critique sur son style dans cet article, étant inculte en la matière, et écrivant bien piètrement moi-même. Mais je sais reconnaître un lingot d’or quand j’en vois un, bien que n’étant pas fortuné. J’apprécie la précision de ses mots, parfois même au scalpel, tout en sachant y intégrer l'émotion. Pas étonnant alors d’apprendre qu’elle a déjà vécu de sa plume.
Pourquoi avoir envie de la lire, et pourquoi maintenant ?
Instant personnel.
Tout est difficile pour moi depuis la case départ, et j’éprouve depuis le besoin sans cesse grandissant de m’offrir de nouveau une expérience à pouvoir ranger dans ce blog, un traumatisme doux qui gommera les plus âpres, et me bercera des mois durant, dans mes ruminations incessantes. C’est comme cela que je vis mes expériences BDSM, et c’est comme cela que je les aime. Elles sont fondatrices. Elles m’aident, tout simplement. Je suis un cabossé. Un brisé. C’est ainsi.

J’ai décidé en début d’année, pour me donner une perspective érotique, que ma prochaine évasion se fera (si elle l’accepte le moment venu !) dans le boudoir de Madame Lule, une fois que j’aurai atteint l’objectif professionnel qu’est le mien, et retrouvé une stabilité financière. Chaque chose en son temps, paraît-il. Ce sera une récompense pour mes efforts. C’est une envie que j’ai depuis la première fois où je me suis confronté à elle, en 2020, et c’est avec le temps devenu un fantasme. Longtemps, je n'osais pas. Ensuite, j'étais trop occupé à grandir. Maintenant que la vie m'est passée dessus, la voie est libre, jusqu'à la prochaine chute libre.
Tout tient en la raison suivante, et son livre La loi du talon n’a fait que me le confirmer : elle regarde les personnes avec autant d'attention et de tendresse, sinon plus, que je ne le fais moi-même. Et moi, oublié de tous, je ne brûle que de ça : être vu - qui sait, peut-être même être regardé.
J’ai longtemps cru être solitaire, mais j’ai bien peur finalement de n’être que seul, dramatiquement seul.
Ne pouvant m’offrir à ce jour cette évasion bien méritée (je souffre, donc je suis méritant !), je me suis dit que c’était le moment idéal de quitter l’écran, où je la lis habituellement, et me plonger dans son livre. Faire passer le temps, et mettre Cioran - qui me soulage tant - de côté le temps d’un instant.
Maintenant, lisons !
La loi du talon
J'aimerais commencer par rapporter les mots de Madame Lule sur sa propre création :
J'ai tout d'abord baptisé La Loi du Talon d'un titre accrocheur, Du foutre dans la tête, avant de me raviser : qui oserait s'afficher en public avec un tel livre ? Étalée sur plusieurs années, sa rédaction fut un lent processus jubilatoire, aride et nécessaire, car le temps était venu de parler avec ma voix de Domina-autrice professionnelle. Dominautrice ? Oui, parfaitement. Ni racoleur, ni pornographique, La Loi du Talon contient toutefois des scènes explicites : nombre d'hommes, pour pouvoir exister, ont besoin de se réconcilier avec eux-mêmes sous le poinçon d'un talon ou les zébrures d'une cravache. Et quelques femmes comme moi, Alda Mantisse l'autrice, Madame Lule la Dominatrice professionnelle, mon héroïne Saskia ou son avatar Maîtresse Malourène répondent avec bonheur, humour, conscience, appréhension et parfois dégoût, à ces besoins. Dérangeante, La Loi du Talon l'est sans doute par son propos et son style tour à tour sobre, lyrique, tendre et cru - les caresses en paire de claques faisant recette, les Maîtresses n'en sont pas avares. Mon souhait le plus cher serait que ce texte fasse bouger les lignes de ce qui est souvent jugé inacceptable, tordu, pervers... incompréhensible.
• Humaine et femme, avant tout
Le livre est découpé en passages temporels, datés au moins par l'année. On découvre Saskia, ou Madame Lule, femme, enfant, adolescente, au gré des pages, sans s'embarrasser d'un ordre chronologique.

J'apprécie beaucoup ce découpage, qui permet de respirer entre chacune de ces fenêtres de vie, et qui a en plus pour effet de les mettre en valeur, comme si elles étaient encadrées, par le lecteur prêtes à être dévorées. Plus ou moins longues, ces bribes de sa vie sont toujours contées avec humour, et une sincérité, une transparence, rafraîchissante. Rafraîchissant en effet de lire une dominatrice professionnelle coucher sur papier ses doutes, ses hésitations - elles, dont l'image publique les obligent souvent (toujours ?) à ne montrer qu'une version infaillible d'elles-mêmes. On peut même apprendre qu'il peut lui plaire parfois d'être dominée, à condition que cela soit par le bon homme. Une confession qui, venant d'une femme dominatrice, vaut double de courage, et témoigne de la force de son caractère.
Au gré des pages, on découvre une Madame Lule, ou Saskia, dans sa trentaine, en Asie, amoureuse puis déçue. Celle aussi qui nous parle de ses parents, sa mère surtout, avec des mots choisis. Sa grand-mère, toujours là, en toile de fond. Une Madame Lule adolescente, effrayée par un pervers inquiétant. Une Madame Lule enfant, qui déjà s'interrogeait sur son corps, sur ses pensées, quand elle n'était pas occupée à martyriser celui qui avait humilié sa copine.
L'enfance est un thème revenant souvent dans le livre. Saskia, femme adulte, se considère encore comme une sale gamine. Je ne suis guère étonné : les personnes les plus intéressantes sont systématiquement celles qui n'ont pas réussi, ou pas voulu, enterrer leur plus jeune version d'eux-mêmes.
J'ai en outre particulièrement apprécié découvrir Madame Lule sous un jour se rapprochant du mien : ces fois où elle peine à se sortir du lit, où elle refuse de voir du monde, où l'envie de pleurer lui vient. Elle se qualifie d'hypersensible, et je la crois biens volontiers. Faut-il être fort pour avouer sa fragilité. Forte, elle l'est.
Mais ce qui m'a le plus touché à son sujet est lorsqu'elle s'ouvre sur les douleurs qui la transpercent. Elle en avait déjà parlé sur son site. Elle m'a fait me réjouir de ne connaître que la douleur psychologique. A défaut pour nous de pouvoir imaginer ce qu'elle ressent, elle le retranscrit bien.

Généreuse, Alda Mantisse nous donne donc plus que la dominatrice professionnelle qu'est Madame Lule. Elle nous livre Saskia, une femme, une personne avant tout, avec ses doutes, ses faiblesses et ses vérités, nécessaires à toute âme vraiment habitée.
Mais Saskia, c'est aussi des rencontres, des amants, des amis, des amours, qu'Alda Mantisse fait vivre sous sa plume. Je pense à Mingus, un grand gaillard qui aurait sans doute gagné à ne jamais emménager avec elle. À Martin, médecin bourgeois qui semble tout avoir pour lui. Meredith, Alice, Ernestine, Siméon, Lucille, ses cinq amis qu'elle rend attachants, qui l'accompagnent chacun à leur manière.
• Dominatrice, un métier
Alda Mantisse, à travers le personnage de Saskia, aborde assez tôt dans son roman la question de la domination professionnelle. On apprend qu'elle y songeait déjà sérieusement au milieu de sa vingtaine.
J'ai beaucoup apprécié découvrir le cheminement qui a conduit Madame Lule a devenir la dominatrice professionnelle qu'elle est aujourd'hui. Devenir "pute" comme il est parfois indiqué dans le livre, ou en tout cas travailleuse du sexe, est un choix que je ne peux supposer que difficile, tant il est lourd de préjugés, venant d'hommes comme de femmes. C'est un aspect qu'elle développe en profondeur.
Saskia nous confie avoir elle-même partagé certains de ces lourds préjugés dévalorisants, avant de tomber sur certains forums :
(...) Les forums m'ont dessillé les yeux. Que j'y ai lu, d'abord étonnée, incrédule puis fascinée, des témoignages de femmes qui avaient décidé de se prostituer : mesdames Tout-le-Monde aux fins de mois difficiles, étudiantes sponsorisées par des Sugar Daddies, occasionnelles à la recherche d'une clientèle aisée, dilettantes qui vivent leur fantasme de courtisanes pour ne recevoir que des clients à leur goût, professionnelles "en tour" qui rentabilisent leur séjour à l'hôtel, des femmes de tout niveau social et de toute origine, un choeur de femmes auquel on prête rarement voix, à l'opposé de l'image de la pauvre petite chose accolée à la "pute", (...).

Avant de décrire en quelques mots de quoi retourne son activité :
"(...) d'une intimité partagée, peut-être, car payer ne retire pas l'humain de l'équation. Jaloux de l'énergie, de la disponibilité, de l'attention, de l'amour, oui, accordés à des inconnus.
Ces passages étaient exactement ce que je venais chercher, à titre personnel, dans ce livre. Des confidences sur un métier unique, si généreux, presque social : dominatrice professionnelle, habituellement si opaque. Le reste du livre ne va d'ailleurs pas me décevoir sur ce sujet.
• Saskia, femme dominante
Avant d'être Dominatrice, Madame Lule ne l'était pas. Une évidence qu'elle ne tait pas dans son livre. Comme tout le monde, elle a dû découvrir, tâtonner, apprendre. Avant cela, elle a aussi dû se confronter à ses fantasmes, ses pensées, et réussir à mettre un mot dessus.
Puis, avant même d'être femme dominante, on est petite fille. Alda Mantisse le raconte. C'est ainsi qu'elle nous présente la très jeune Saskia de "onze ans et deux tiers", dont l'imaginaire, déjà, était fait d'hôpital-prison, de contraintes et entraves, de cris, de salive et d'urine, de coups et mines graves. Un an plus tôt, elle s'attirait de sérieux ennuis à l'école pour avoir frappé et humilié un camarade de classe sur le sol des toilettes. J'y vois alors mon pendant, moi qui à l'école primaire faisait toujours en sorte de me faire attraper par les filles lorsqu'on jouait au loup, pour finir en prison.

Alda Mantisse nous raconte également la Saskia dans sa vingtaine qui, lors de sa première soirée fétichiste, ne s'autorise pas à congédier un "soumis" qui était bien décider à se servir d'elle, à défaut de vraiment la servir. Une confession d'une honnêteté précieuse, et qui je trouve en dit beaucoup sur l'assurance qu'elle doit aujourd'hui avoir en tant que dominatrice professionnelle pour se permettre de s'afficher ainsi aux yeux de tous sous un jour plus vulnérable.
Ne pas être (encore) dominatrice professionnelle, c'est également la Saskia de vingt-six ans, qui, interrogeant un forum internet sur la question du deuil, finit par trouver une réponse révélatrice qu'elle ne cherchait pas :
C'est alors qu'un onglet rouge attire mon attention. Sexualité. Clic. Une page entière s'offre à ma souris. Fantasmes, Virginité, Déceptions et ruptures, Libertinage... Je parcours les intitulés de haut en bas puis de bas en haut, avec une furieuse impression de supermarché du cul. Deux sujets en rayon retiennent mon attention : Prostitution et Sadomasochisme. (...) Je clique quand même. Je lis. Un sujet après l'autre. Toute la journée. Toute la nuit. Loin des lieux communs et des raccourcis, je comprends enfin quels penchants je porte en moi depuis l'enfance. Je ne suis pas seule, nous sommes des milliers. Libération.
Bref, Alda Mantisse nous ouvre la porte de l'arrière-cour de Madame Lule, là où tout a pris place, s'est dessiné, avant qu'elle ne fasse de ses penchants intimes un métier. Là encore, je suis touché et conquis par sa transparence, elle qui, de par son activité professionnelle, est habituée à diffuser une image si maîtrisée, voire calculée, en toutes circonstances.
• Tout beau, tout moche
Alda Mantisse joue le jeu de la transparence jusqu’à se permettre quelque chose qu’on ne voit jamais chez les dominatrices professionnelles, en tout cas pas aux yeux des principaux concernés même : juger le physique des hommes soumis qu’elle croise.

Cela m’a un peu déstabilisé je dois l’avouer, pris d’empathie pour ceux qualifiés de pas à son goût, trop petit, trop moche.
Mais c’est de bonne guerre, je suppose. Mon asexualité me laisse en dehors de ce jeu-là : les physiques ne me provoquent ni ne m’évoquent rien (en revanche les tenues, les présences, les regards, m'évoquent beaucoup). Mais j’ai conscience que je fais partie des exceptions.
De l’autre côté, les femmes, dominatrices ou non, soumises ou non, sont quotidiennement ramenées à leur physique en société, bien plus que les hommes. C’est donc de bonne guerre, je confirme. Mais surtout, je pense que je ferais bien partie des seuls à m'émouvoir de tout cela. Sans doute est-ce la plus banale des normes, pour tous.
Saskia se dit en tout cas hypersensible à la beauté, qu'elle s'emploie à salir, à humaniser, dans sa domination. Ma foi, une activité comme une autre.
• Madame Lule, dominatrice professionnelle : l'envers du décor

Alda Mantisse rentre pleinement dans le coeur du sujet de la domination professionnelle à partir du tiers du livre.
On vit avec elle la première publication de son annonce sur un site dédié, et le grand vertige qui s'en suit, qu'elle décrit très bien, avec des demandes formulées n'importe comment, des centaines de messages ne donnant guère envie d'y répondre. Une réalité qui ne donne pas envie de vivre la vie de travailleuse du sexe.
Tout au long du livre à partir du premier tiers, nous sommes gâtés avec des messages de clients potentiels, retranscrits tels quels. Cela va du "cc salope"dans l'esprit, à celui qui jure qu'il n'a de yeux que pour elle. Je m'en suis délecté ! Peut-être mon côté un peu voyeur. Mais certains de ces messages sont vraiment des perles. Quel plaisir coupable, en tant que client soumis moi-même, d'être une petite souris, et se promener ainsi dans les coulisses de la vie professionnelle d'une Dominatrice.
Cette plongée dans l'envers du décor est ce que je préfère dans La loi du talon. Si le métier de dominatrice professionnelle est bien souvent support à fantasmes, les coulisses sont crues, rudes. Je pense alors à la rencontre avec Lucille, une dominatrice professionnelle qui donnera de précieux conseils à une Madame Lule professionnelle toute neuve. Je n'imaginais pas que le niveau de réflexion, de prévoyance, pouvait être tel. J'oublie régulièrement à quel point cela peut être un métier dangereux, surtout pour une novice.
L'envers du décors, c'est d'ailleurs aussi cette agression qu'elle subi au téléphone, provenant d'un homme pour le moins inquiétant. J'étais consterné et inquiet à la lecture de ce passage, que vous remarquerez sans difficulté à la lecture du livre.
Madame Lule nous ouvre par ailleurs la porte de ses questionnements, son important souci de bien faire face à chaque client, ses hésitations, parfois même en pleine séance. Des pierres dans un jardin, qu'en tant que client, on se contente habituellement de traverser sans y regarder à deux fois.
• Dominer, libérer, aimer, regarder
Saskia, s'adressant à sa thérapeute :
Je pense même qu'on domine mieux les personnes pour qui en éprouve de l'empathie, voire de l'amour. (...) Lors de séances dures, il m'arrive de dire à mes soumis "Je suis avec toi et pas contre toi, tu sais ?" Et oui, ils savent. Et ils me remercient. Je suis là pour les amener où ils ont besoin d'aller, pour leur faire lâcher le contrôle, leur rendre, aussi, une part de fierté, de confiance en eux, d'utilité. Dans cette mesure, le BDSM peut être réparateur, même si les actes paraissent à l'opposé du soin et qu'en tant que Dominas, nous ne sommes pas thérapeutes.

Je suis d'accord avec elle. C'est en substance ce que je raconte souvent, de mon petit point de vue de soumis, dans mes articles passionnés de séances, souvent en conclusion.
Par ailleurs, je le disais plus tôt dans cet article, Madame Lule aime ses clients, certainement bien plus qu'ils ne l'aiment elle, d'ailleurs.
L'attention, la considération que Madame Lule porte à ses prisonniers consentants se retrouve notamment dans la manière dont elle les regarde, dont elle les décrits. En termes élogieux ou non, c'est toujours avec une précision affectueuse, avec intérêt, quand bien même serait-il celui de l'oubli.
Cette affection, sinon cet amour distant pour ses clients est ce que je retiens de toute la seconde moitié du livre, en majorité consacrée aux précieux récits de séances.
Conclusion
La Loi du talon d'Alda Mantisse est un récit poignant et généreux qui dévoile, à travers des fragments de la vie de Saskia, une dominatrice professionnelle d'une rare transparence. Loin de l'image infaillible habituelle, elle expose doutes, fragilités, hypersensibilité et cheminement intime avec humour et sincérité touchante. Un livre courageux qui humanise profondément le métier et rend attachants autant la femme que ses rencontres.
Un roman à lire et que je recommanderais volontiers à une,
deux,
trois,
quatre,
cinq,
dix personnes autour de moi.




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