• BDSAIME

Mon kidnapping par Inanna Justice, Madame Lule, Domina M, Calliope & Mia More

En octobre 2019, j’ai eu la chance d’être kidnappé, puis torturé, par pas moins de cinq femmes, à Paris : Inanna Justice, Madame Lule, Domina M, Calliope et Mia More.

C’était une expérience assez unique et qui constitue clairement l’un des temps forts de mon année 2019.




Introduction

J’ai sorti l’article sur Nanny Alice avec six mois de retard parce qu'elle n’était pas d’accord pour que j’en fasse un au début, avant de changer d’avis après une nouvelle demande de ma part. Cet article vient aussi avec presque six mois de retard, mais pour d’autres raisons, plus personnelles. Je me sens un peu mal, il était censé venir vite. Plus le temps passait, moins j'avais envie de me confronter à ce retard accumulé !

Tout ceci avait été organisé par Inanna Justice, avec qui j’étais devenu proche, à la suite de notre première rencontre. Elle était au courant que ce scénario de kidnapping SM était un de mes fantasmes, et elle m’a fait le beau cadeau, avec des amies, de me faire vivre cette expérience.

Je place cette expérience dans la catégorie séances de mon site, alors même qu’il ne s’agit pas d’une rencontre professionnelle habituelle. Je suis bien embêté, dès que quelque chose sort de mes petites cases, je perds la tête :-). Je dois donc faire preuve d’adaptabilité et de souplesse… quelle horreur !


La seule différence (majeure) avec mes rencontres habituelles réside ici dans le fait que je n’ai pas eu le loisir de réfléchir plusieurs semaines, plusieurs mois, à la rencontre, étant donné que c’était une surprise. Je n’ai donc rien à écrire sur la partie d’anticipation, absente. Tel que je me connais, je pense d’ailleurs que cela a aussi joué un rôle important dans le retard de cet article.



Inanna Justice

• Inanna Justice, la femme que je connais

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C’est très difficile pour moi de la présenter comme je peux le faire pour les autres dominatrices de ce blog, parce que je suis devenu intime avec elle. Je n’ai pas connu cette distanciation via son personnage, le personnage d’une dominatrice professionnelle sur lequel je balance toujours tout plein de projections et de perceptions personnelles. Inanna Justice, je l’ai toujours connue comme une proche, et ça change tout dans la manière de vivre la relation, en tout cas pour moi.


J’aurais cependant de quoi lui dédier un article entier, mais ce ne serait pas en accord avec le ton de ce blog. J’aurais même de quoi faire un article sur tout ce que j’ai ressenti, deux jours après notre première rencontre, lorsqu’elle m’a cuisiné un simple plat de pâtes sauce pesto chez elle. Il m’était apparu comme le meilleur repas que j’avais jamais eu, tout bonnement parce qu’elle l’avait cuisiné spécialement pour moi. Le fait que ça me touche autant en dit sans doute long sur ce que je suis et ai été, et ça me va très bien.

Moi qui ai grandi dans un isolement et un mutisme peu commun, côtoyer un profil coloré et pétillant comme le sien, me faire traîner un peu partout, m’a fait gagner une expérience non négligeable ; une expérience autre que celles que je peux vivre dans ma tête, planqué sous ma couette.

C’est aussi indirectement grâce à elle que j’ai pu interviewer Maîtresse Blanche (à venir sous quelques semaines !). Elle m’avait traîné à une soirée d’anniversaire d’un de ses amis où elle était invitée, fin d’année 2019. Il y avait Maîtresse Blanche, et bien qu’à moins de deux mètres d’elle, je n’osais pas lui dire bonjour. Quelques mois plus tôt, j’avais eu le sentiment de complètement me ridiculiser face à elle dans un échange de mail, comme je suis si doué pour le faire, capable de me noyer dans un verre d’eau. Trop honteux pour la recontacter après ça, j’avais donc lâché l’idée que j’avais depuis plusieurs mois de l’interviewer.

Mais la voir à deux mètres de moi et me sentir trop gêné pour la saluer m’a permis de me faire violence. Je me suis dit que ce n’était quand même pas possible d’être aussi bête. Je l’ai donc contactée une semaine après cette soirée où j’avais fait mine de ne pas la voir, pour les dix minutes où j’y étais resté. Il y avait bien trop de monde dans un bien trop petit endroit, j’étais vite parti. Aussi, à la fois trop de têtes connues et inconnues en même temps.

Bref, l’application de la loi d’attraction d’Inanna Justice dépeint sur moi quand je traîne avec elle, souvent pour le meilleur. On s’oppose sur tellement de points qu’on se complète bien, en tout cas.


L’été dernier je m’étais demandé si je ne voulais pas quitter Paris. Il n’y a rien de mieux pour moi ici que toutes les villes où j’ai été avant. Me poser des questions, je pourrais le faire ailleurs. Je regretterais presque d’être venu, si ce n’était pas pour les difficultés que j’ai rencontrées et qui m’ont beaucoup appris.

Je suis finalement resté et ça m’aura permis de rencontrer Inanna Justice. C’est tellement difficile pour moi d’arriver à créer des liens avec quelqu’un que ça suffit à justifier ma décision. Elle est venue me cueillir, j’ai eu cette chance. J’aimerais la garder comme amie dans cette vie.


• Inanna Justice, la dominatrice professionnelle

Parlons maintenant de la dominatrice professionnelle, une activité pour laquelle cette femme est si passionnée !

Venue tout droit du continent nord-américain il y a quelques années seulement, Inanna Justice a amené un petit vent de fraîcheur sur l’océan de la domination parisienne. C’est par exemple elle qui a lancé la pratique mensuelle du Dîner des dominas, se tenant le premier vendredi de chaque mois, où collègues peuvent se retrouver et partager leurs expériences et conseils.


Aussi, elle a organisé et voudrait continuer à organiser des formations par et pour des dominatrices professionnelles. La dernière en date portait je crois sur les premiers secours en cas d’accident, formation dispensée par une infirmière mandatée pour l’occasion. Plus que d’avoir de l’énergie et des idées, Inanna Justice sait le matérialiser.



Puisque cet article traite de mon kidnapping, sachez qu’elle possède une page dédiée sur ce scénario qu’elle propose, aussi bien seule qu’avec des amies dominatrices, selon l’ampleur du fantasme.

Autant capable d’être sensuelle, charnelle et chaude, que sèche et claquante, Inanna Justice me fait penser à une plante carnivore. En venant nous offrir à elle, on prend le risque de se faire dévorer, sans savoir à quelle sauce.

Comme déjà dit, il m’est difficile de développer plus que cela sur le personnage d’Inanna Justice, en cela que je connais très bien la personne, et suis trop proche d’elle pour encore avoir ce mystère, qui fait travailler mon imaginaire, qui m’impressionne.

Je peux en tout cas facilement dire qu’elle est animée d’une passion certaine, et que tout client soumis sortirait certainement grandi d’une séance avec elle. Derrière son impulsivité et son appétence certaine pour le tout-action, se cache maîtrise et réflexion, un travail précautionneux.



Madame Lule

Cliquez ici pour visiter son site internet, et rejoignez son Twitter, récemment créé.

J’avais rencontré Madame Lule pour la première fois en terrasse d’un café, accompagnant Inanna Justice un après-midi, quelques semaines avant ce kidnapping ici conté. Elle n’arrêtait pas de tripoter sa cigarette électronique, ça me perturbait un peu, je ne comprenais pas ce qu’elle faisait avec.

Je la « connaissais » déjà, en cela que j’avais visité son site quelques mois auparavant, sur les conseils d’un lecteur avec qui j’échange parfois sur Fetlife, qui j’espère se reconnaîtra s’il me lit.

J’avais visité son site mais je n’avais pas mis son nom de côté pour une future rencontre. Il y avait beaucoup de raffinement qui ressortait de l’ensemble de son site, son univers culturel très riche, une certaine exigence, plein de choses qui me dépassent.


Dans ces cas-là, je crois que j’ai peur de ne pas être à la hauteur. Bien plus chien de la casse que caniche royale, je connais ma hauteur. Après l’avoir connue « en vrai », j’en suis venu à la conclusion que je dois sérieusement revoir ma manière de mettre des sites de côté. Ou plutôt la manière dont je me bride. Comprendre par là que si c'était à refaire, j'irais la voir en courant.

Je dois faire quelques confidences au sujet de Madame Lule, parce que là le personnage existe bel et bien auprès de moi, mais ça m’embête de le faire sachant qu’elle risque de lire cet article. Disons que désormais, j’espère presque ne plus la recroiser, sinon je n’aurais pour seule envie que celle de me cacher sous une table. Paradoxalement, ça me serait beaucoup plus facile de me retrouver à quatre pattes, collier au cou, si je devais de nouveau être en sa présence.


Alors : je bug complètement à son contact. Je me transforme en Windows Vista.

Les plus geeks sont peut-être hilares à la lecture de cette comparaison. Pour les autres : j’ai l’impression d’être essoufflé dans ma tête à chaque fois que je dois converser avec elle. Non pas que ça me soit désagréable de le faire, loin de là.

Madame Lule me fait complexer sur mon cerveau. J’ai l’impression qu’elle me dépasse en 100% des points sur ce terrain. Pour résumer, je dirais que je rentre dans la catégorie de ceux qui ont la capacité sociale d’un siège de métro, mais qui ont un bon sens de l’observation et une réflexion plutôt froide. Mais elle, on dirait qu’elle a tout ! C’est comme si lors de la création de son personnage sur les Sims, tous les curseurs avaient été mis à 100, sans avoir à faire de concession.

Je l’observe, et ce que j’envie le plus chez elle, c’est sa faculté à passer de l’intellectualisation posée au rire frivole et anodin d’une seconde à l’autre, sans sas de décompression. Moi ce n’est même pas un sas de décompression qu’il me faut, c’est trois années lumières. Ainsi je me demande comment elle fait.

Plus j’essaye de faire bonne impression pour donner le change, plus j’ai l’impression de m’enfoncer. Le pire, c’est bien quand elle me regarde sans rien dire, les yeux légèrement rieurs. Je bégaye alors jusque dans mon cerveau et j’ai envie de disparaître. J’ai l’impression d’être au zoo, je vous laisse deviner de quel côté du grillage je me trouve. Heureusement pour moi, je n’ai encore jamais été en sa présence lorsqu’elle avait un paquet cacahuètes en main. Je crains le pire.



Elle fait partie des dominas pro qui écrivent sur leurs expériences, vous pouvez la lire ici.

Rarement sinon jamais, une femme ne m’avait paru porter aussi bien le titre de Madame. Autant dans ce qu’on voit que dans ce qu’on devine, elle respire l’imagerie classique et idéalisée de la Madame. Précieuse et élevée, elle se rend pourtant accessible, presque comme une faveur accordée aux plus maladroits. La force des personnes qui ne se sentent plus rien à prouver, je pense.

Je m’amuse à transposer Madame Lule dans toutes les époques, et elle parvient à rester crédible en toute circonstance. Dans tous les scénarios, elle reste Madame, de celles qu’on a du mal à imaginer enfant, comme si elle était venue au monde pour le comprendre sans même avoir eu à le vivre. L’expérience de sa vie, elle en porte tous les bénéfices mais parvient à en dissimuler les stigmates.

Elle impressionne alors qu’on pourrait croire qu’elle ne cherche même pas à le faire, le souci d’être ce qu’elle aime lui suffit. Je ne cache pas que j’aime beaucoup Madame Lule. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle parce que ça signifie être un peu ridicule face à elle.

Le kidnapping ici conté a pris place chez elle, où est aménagé son espace de jeu. Après l’effort, j’ai donc pu prendre une douche dans sa salle de bain. J’aurais aimé passer la nuit dans cette salle de bain pour tout examiner, sans forcément toucher, juste pour ressortir gorgé de son empreinte. Sa pièce a quelque chose de très personnel, et j’adore les salles de bain des femmes, ça respire l’intimité. C’est peut-être ici mon côté en recherche de fusion.

Parfois je me dis que ma vie serait bien plus simple si je ne pouvais être que le coton démaquillant d’une Madame. Mais je suis allé contre moi-même, je ne voulais pas avoir l’impolitesse de m’attarder en ce lieu sacré, donc j’ai fait vite pour me doucher sans m’attarder plus que cela sur mes ressentis et encore moins sur ce que je voyais. La bonne tenue n’a vraiment de sens que quand personne n’est là pour la constater, selon moi.

Fidèle à ce qu’elle dégage, son style de domination est plutôt sensuel mais non moins ferme voire sévère. Les quelques exceptions qui n’auraient pas l’inspiration évidente de la respecter y seront vite contraint.


De la même manière qu’on écoute mieux celle qui ne crie pas, quand les mots de Madame Lule deviennent plus anguleux, ses syllabes plus sèches et son débit de parole plus rapide, je fais plus que l’écouter, je disparais complètement et j’acquiesce. Je pense à un moment en particulier à l’écriture de ces lignes, qui sera décrit plus bas. Corrélativement, sa chaleur et sa sensualité apparaissent alors plus précieux encore quand on y a le droit.

Si j’ai pu écrire que j’aimerais me réincarner en sac à main de Mistress Euryale, je sais qu’ici j’aimerais être rétréci et me retrouver enfermé dans celui de Madame Lule. Et tant pis si je dois me retrouver à côté de sa cigarette électronique, sans comprendre ce qu’elle fait avec. Ce sera le prix à payer pour avoir la chance de la côtoyer.




Domina M

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Domina M, comme Inanna Justice, est américaine. New Yorkaise, pour être précis.

Je ne la connais que très peu, les seules choses que j’entrevois d’elle sont celles qu’elle veut bien montrer. Puis surtout, je ne l’ai croisée qu’une fois ! Sa présentation et les deux autres à venir seront d’ailleurs bien plus concises.


Dominatrice professionnelle très internationale, elle a vécu plusieurs années à Barcelone après sa longue expérience à New York, et est maintenant installée à Paris. Elle voyage aussi à Hong Kong, Dubaï, notamment. Businesswoman du SM, elle réalise beaucoup de vidéos. Elle va d'ailleurs en offrir certaines gratuitement sur Pornhub.

Elle est ainsi l’illustration la plus parfaite que la domination professionnelle peut être un métier, et pas seulement un travail.

Je la connais avant tout dans ses témoignages et opinions. Je suis inscrit sur le forum américain Domina.ms, où soumis et dominatrices professionnelles cohabitent dans une ambiance plutôt saine. Je viens embêter le monde avec mes articles ! Je réagis aussi à certains sujets. On y trouve des retours d’expériences des deux bords, c’est très intéressant. J’y passais beaucoup de temps l’été dernier, lorsque j’étais en vacances.


J’avais aussi adoré ma petite lecture sur son profil Fetlife, où elle dévoile les coulisses de l’activité d’une dominatrice professionnelle, et cette période où elle avait tenté de repenser son modèle économique pour s’adapter aux bourses les plus modestes. Passionné par les domina pro, leur courage et ce qu’elles offrent au monde, je suis toujours très friand de découvrir ces petites choses que je ne peux jamais soupçonner.

Bref, Domina M est un peu le vol long-courrier de la domination professionnelle, un Boeing. Très grande expérience, grand sens du détail, grand professionnalisme.




Calliope

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La présentation sera encore plus courte ! Je ne la connaissais pas avant la réalisation de ce fantasme. Je ne la connais pas du tout encore aujourd’hui, si ce n’est pour les quelques échanges entretenus avec elle lors du dîner ayant suivi mon enlèvement. Nous n’avons parlé que de choses de sa vie personnelle, donc rien ne pouvant être reproduit ici.

Je ne prends cependant aucun risque en vous la présentant comme une dominatrice qui ne fait aucune concession. On s’incline ou on prend la porte, et si l’on ne le fait pas assez vite, on se la prend dans la tête.




Mia More


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Comme Calliope, je ne la connaissais pas, et toujours pas mieux aujourd’hui ! Mia More semble être une travailleuse du sexe au sens plus commun du terme. A l’heure où j’écris ces lignes, elle se trouve à Tokyo !

Je ne saurais en dire plus, si ce n’est qu’elle conduisait une Mini Cooper avec un volant à droite ! Tut tut !








Le kidnapping

Assis en terrasse avec Inanna Justice, j’étais au courant que quelque chose allait m’arriver, mais sans savoir quand ni comment. C’était le soir, il faisait nuit, pas trop froid. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais, mais ce qui est sûr c’est que je ne m’attendais pas à ce que ça commence, ici, sur la terrasse du café. C’est ainsi pris par surprise que Inanna Justice me passe des menottes de pouces.

Debout, je la suis jusqu’à une Mini Cooper qui venait de s’arrêter à quelques mètres de notre table. C’est en constatant que tout le monde se fiche de la scène que j’ai bien la confirmation que je ne suis pas le centre du monde, ne m’en déplaise. Je découvre alors Mia More, pilote de mon corbillard.

Je suis balancé sur la plage arrière comme un sac de patates, je sais que l’on va me cuisiner. Plage arrière où est assise Domina M, que je découvre alors pour la première fois sans écran interposé. La voiture démarre sans que je puisse vérifier la pression des pneus.

Je reçois un sms d’un numéro inconnu. On m’informe que mes kidnappeuses veulent me soutirer une information que je dois protéger, ladite information dans ce même message. Je l’enregistre et la retiens, je ne dirai rien ! Mais les Bonnie’s ont un autre projet en tête, et elles n’ont clairement pas besoin de Clyde pour le mener à terme.

Dépossédé de mon téléphone, on me passe une cagoule sur la tête, toujours menotté, après que Domina M ait placé deux pinces sur ma langue. Je ne vois plus rien pas plus que ne maîtrise la situation. Les menottes de pouces commencent à me faire sacrément mal sur l’un d’eux, et à cet instant je n’étais pas suffisamment relâché pour bien accepter la douleur, même la simple gêne, j’attends la libération avec impatience. Je suis un peu stressé, aussi.

La voiture s’arrête, ses quatre occupants avec. La suite, avec plus de sévices, se poursuivra chez Madame Lule, où elle attend avec Calliope.



La torture

Dans tout ce qui suit, c’est Inanna Justice et Madame Lule qui auront l’essentiel du rôle. C’est assez logique : l’une me connaît très bien et l’autre jouait à domicile.

• Le besoin d’un sas d’entrée

Entré dans l’appartement de Madame Lule, je suis rapidement invité à me libérer de mes vêtements. Je m’exécute, cependant encore trop dans mes pensées.

C’est ainsi nu que je suis attaché bras, mains et chevilles sur une chaise disposée au centre de la chambre des tortures de Madame Lule. Inanna Justice me bâillonne avec une chaussette portée, noire.

J’aurai mal au biceps gauche pendant plusieurs jours après cette expérience. Mes mouvements brusques qui viendront plus tard ont obligé les cordes à me rappeler à l’ordre. C’était agréable de conserver cette légère douleur, je me sentais plus vivant.

Attaché sur cette chaise, je ne peux plus m’abandonner, contraint de rester avec moi-même, sans pouvoir me fuir. Je suis laissé un moment seul sur cette chaise, rideaux tirés, huis clos avec moi-même.



Inanna Justice avait recouvert mon sexe d’une autre chaussette ; le chapiteau était cependant toujours à l’état de travaux, l’affiche du cirque n’indique que « prochainement dans votre village ». Je ne suis pas en érection, pourtant contraint et humilié par cinq femmes. Attaché, bâillonné, c'est étrange que je reste aussi froid. Passé les dix premières secondes, ce constat ne fait alors que s’autoalimenter : ce n’est pas très excitant de ne pas être excité. Ça devenait presque inquiétant, je ne comprenais pas pourquoi j’étais aussi neutre, et une fois que je m’enlise dans mes pensées, je suis bien incapable de m’en affranchir, me récupérer est difficile.

Inanna Justice revient dans la pièce, accompagnée. Le jeu commence, je suis menacé et informé qu’on va me faire cracher le morceau. C’est seulement à ce moment que j’aperçois pour la première fois Calliope, assise loin de la scène, regardant. J'ignorais qu'elle était là depuis le début ! Cette découverte ne fait qu’ajouter à mon malaise qui commence à me dépasser complètement, et la chaussette recouvrant mon sexe pointe toujours vers le bas.


Si je prends le temps de développer cet aspect, c’est bien parce que l’histoire connaît une fin heureuse, avec Madame Lule qui est venue me sauver, peut-être sans s’en rendre compte, je n’en sais rien. Elle ne portait pas de cape, les talons lui suffisent. Elle s’approche de moi, me parle à l’oreille avec des mots qui, sur le coup, me soulageaient encore plus par leur forme que leur fond. D’une voix basse, chaude et posée, elle établit un contact avec moi et fait figure de lumière en haut du puits dans lequel je m’étais mis. J’avais besoin de cette berceuse.

Cette berceuse je ne pouvais que l’écouter, pas la commenter. Madame Lule me faisait taire par sa main recouvrant ma bouche. Ferme, cette main me faisait faire silence autant physiquement que jusque dans mon esprit défaillant, elle avait stoppé l’hémorragie de mes pensées incontrôlées. Puis, j’ai déjà eu l’occasion d’en parler sur ce blog, j’apprécie particulièrement cette pratique du handsmother.


Par cette intervention signée des mains de Madame Lule, je me relâche complètement sans être vraiment capable de comprendre pourquoi, et le chapiteau s’élève enfin, je suis maintenant bel et bien installé dans la scène, je suis connecté là où je suis censé l’être. Alors même que le jeu avait à peine commencé, ce moment restera l’un de mes préférés. Quand bien même je n’ai pas compris ce relâchement, je l’ai bien senti se produire, durant ces quelques dizaines de seconde où Madame Lule m’a permis de me laisser aller.

Physiquement et surtout psychologiquement, j’avais lâché pour mon propre bien. C’est la première fois que j’ai pu ressentir aussi explicitement un « sas d’entrée », la première fois où j’en avais eu besoin. Ça m’aura en tout cas permis de pouvoir apprécier tout le talent de Madame Lule.


• Insolence réprimée

Je suis désormais complètement dans le jeu et dans l’instant. Le mot de passe que je devais protéger était « Alice au pays des merveilles ». Quatre des cinq investigatrices de ce kidnapping ne le connaissaient pas, et cette petite touche de réalisme est plaisante. Toujours attaché (je le resterai jusqu’au bout), Inanna Justice commence à s’occuper de mon cas, dans la limite du possible. Je ne suis pas maso physiquement, même plutôt douillet, ce n’est pas comme si l’on pouvait me couvrir de coups. Elle a même été très prudente ce jour-là.

J’ai quand même un rapport assez étrange à la douleur. Une forte douleur, comme punition légitime et censée après une vraie faute commise, passera bien mieux chez moi qu’une série de dix petits coups classiques détachés de sens. Comme si le filtre de la culpabilisation me permettait de dépasser un certain stade.

Bref, Inanna Justice me malmène quelque peu, notamment au niveau des tétons. Un peu kidnappeuse en chef, elle me demande une première fois de lui révéler la précieuse information. C’est dans un malin petit plaisir masochiste que je lui réponds, avec un sourire en coin, après avoir marqué un léger silence : « jamais ! ». J’aime jouer avec le feu, évidemment. Ça n’a pas manqué et je me suis brûlé : je prends une gifle qui m’a sacrément sonné.

Je me fais alors moins insolent.

Je crois que c’est à cet instant-là que Domina M, Calliope et Mia More ont commencé à rejoindre la scène. Elles gravitaient autour de ma chaise comme des prédatrices autour d’une proie.

J’essuie quelques coups de cravache et martinet, pas de quoi me faire craquer ! Le temps fort de cette première moitié de mon kidnapping reste à venir. Les coups "pour le fun" sont toujours plus ou moins utiles, mais ne m'inspirent que peu, là où ce sera le plus grand des plaisirs pour certains autres.


« Oui Madame »

Inanna Justice revient à la charge avec la puissance d’un train de marchandise. C’est au détour d’une salve de gifles que ses doigts en viennent à fouetter mon torse, provoquant même un tout petit saignement qu’on remarquera à la fin du jeu. La douleur sur le moment a été très vive, je me demande d’ailleurs comment ça a pu me faire si mal, rien qu’avec des doigts. En tout cas, j’ai crié, un vrai cri spontané et incontrôlé, un cri du cœur, pour évacuer la douleur autant que la surprise.

Cet aboiement a été l’erreur qui a fait revenir Madame Lule sur le devant de la scène. Ainsi, pas sûr qu’il faille vraiment parler d’erreur. Quoiqu’il en soit, elle surgit avec une fougue que je ne lui avais pas attribuée jusqu’à ce moment. Agacée par mon cri car soucieuse de la tranquillité de ses voisins, elle me saisit par le menton, plus fermement encore que je ne saurais l’écrire. J’étais impressionné, presque bouche bée, je ne l'avais pas devinée comme cela. Par des mots anguleux, elle m’intime de me taire. Grâce à elle, plus jamais je n’aurai besoin d’ouvrir un dictionnaire pour me rappeler la définition exacte du mot « ordre ».

Devant son autorité, j’ai regretté mon cri plus encore que je regrette ma vie d’avant ma naissance.

Pour tout dire, je ne sentais plus le jeu à ce moment-là. Presque choqué de la voir être aussi ferme, elle pourtant si Madame, je me pinçais les lèvres. Je me tais ! De toute façon, elle avait là encore apposé la paume de sa main sur ma bouche.

Ça ne lui suffisait pas. Seulement cinq secondes se sont écoulées depuis que sa main est venue au soutien de mon visage, elle termine alors ses remontrances en m’imposant de la regarder dans les yeux. Un regard que je n’avais pas pris la liberté de croiser, déjà suffisamment soufflé par la manière dont elle s’était imposée à moi. Je fais l’insulte de la faire se répéter, mais pas une troisième fois. Je la regarde. A cet instant, si j’étais une glace, il ne resterait plus que le cornet.

Parce qu’un chef-d’œuvre comprend l’importance qu’il y a à finir en beauté, Madame Lule conclut en me demandant si j’ai bien compris. Je réponds oui. J’ai compris. Ça ne lui suffit toujours pas, et énonce un « Oui Madame » sur un ton laissant comprendre qu’il me fallait répéter après elle.


C’est toujours mes yeux dans les siens, kidnappé dans ma tête, que je répète alors après elle.

« Oui Madame », comme une capitulation évidente, honnête, tellement que même les plus obscures livres d’histoire ne pourront la remettre en cause.

Non seulement j’avais bien compris qu’il me fallait me taire, mais je venais aussi de vivre le meilleur de tous les moments passés attaché sur cette chaise ce soir-là, en l’espace de dix secondes seulement, peut être quinze.


• Aux mains de Madame Lule

Après cela, me retrouver séparé de Madame Lule m’aurait paru bien cruel. Peut-être ai-je vibré tellement fort les instants d’avant que les forces m’ont accordé la faveur de la faire rester avec moi.

Aux mains de Madame Lule, elle me contrôle bouche et nez. Ça fait plusieurs mois que je me demande pour quelle raison me retrouver confiné dans les mains d’une femme me chamboule autant. Je cherche toujours la réponse, ça viendra un jour.


Peu de choses m’inspirent un sentiment d’intimité aussi important, dans sa traduction physique. Si l’extérieur d’une main ne me fait pas grand effet, l’intérieur me séduit. Il en va du même principe pour les pieds, d’ailleurs. J’y vois un côté précieux. Qu’il est bon d’être prisonnier des mains d’une Madame. Celles avec lesquelles elle s’habille, se coiffe, entreprend de vivre.

Pour le plus grand de mes plaisirs, Madame Lule répétera plus d’une fois ces emprises sur moi. Compressé par sa paume, je fusionne avec les lignes de sa main. Elle bloque ma respiration et fait durer la sentence. Je ne respire plus et pourtant je me sens plus libéré qu’avant.

Mon énergie me quitte à mesure que mon corps réclame de l’oxygène, j’ai l’impression d’y voir plus clair dans ma tête. Je n’ai plus le loisir de laisser place à mes pensées polluantes quand la survie m’appelle. Ça me fait du bien, je n’ai plus de sous-titres dans mon film, plus même ce narrateur parfois fatigué et trébuchant.


Sous la pression de ses mains, je renoue avec l’essentiel. Comme un transfert de vibrations, elle me nourrit de sa présence alors que j’expulse la mienne. Sa peau contre la mienne, j’absorbe. De toute façon, je n’ai pas le choix, et c’est bien là où ça m’est si beau. Elle m’étouffe, me laisse reprendre mon souffle le temps de deux secondes, et m’étouffe de nouveau. Et encore, et encore. Je me noie entre ses doigts et me laisse pleinement aller. Autant physiquement qu’intellectuellement, j’ai le sentiment réel de n’appartenir qu’à elle, sur l’instant. Ce n’était pas déplaisant, comme je l’ai dit, j’aime beaucoup Madame Lule. Le visage masqué par les mains d’une femme si élevée, je découvre de nouveaux horizons et visualise un autre moi.

C’est perdu dans les mains de Madame Lule que j’avais le sentiment d’être enfin retrouvé.



• La VRAIE torture

C’est à partir de cet instant que Domina M, Calliope et Mia More vont être plus présentes. Je suis toujours attaché sur ma chaise, bras, poignets et pieds. Je ne cache pas que les interventions de Madame Lule m’avaient complètement fait oublier que je devais encore protéger une quelconque information. J’existais et je me contentais de laisser les choses venir à moi.

Je ne m’étais jamais autant fait chatouiller de toute ma vie. Avec cinq paires de mains, cinquante doigts, ça va vite. Les chatouilles c’est comme l’alcool, un peu ça va, ça désinhibe. Trop, on pourrait presque devenir quelqu’un d’autre. Il m’aurait été impossible, même dix minutes après la scène, de me souvenir qui était où et faisait quoi à quel moment. Devant moi, derrière moi, sur le côté, j’étais submergé.

Je peine toujours à décrire ce que je ressens quand je dois subir du tickling qui n’en finit plus, et ça retranscrit justement bien ce que je ressens. Je ne vois plus que des couleurs dans mon esprit, je suis incapable du moindre retour sur moi-même comme ça pouvait être le cas dans la partie précédente avec Madame Lule.

Aveuglé par des couleurs psychédéliques qui s’impriment sous mes paupières, je n’entends plus que mes rires, couverts pour ceux de mes tortionnaires. Mon cerveau est hors service, je n’existe plus que par mes ébats. C’est à ce moment-là qu’une corde aura traumatisé mon biceps, souvenir que je garderai plusieurs jours.


Passé les premiers rires incontrôlés, ça devient réellement plus une torture qu’un plaisir. Que c’est difficile à endurer ! Bon, je ne vais pas m'en plaindre.

L’impuissance ressentie sera décuplée par l’usage simultané de deux vibromasseurs sur mon sexe en érection, menés notamment par Madame Lule. Ça va durer de longues et plaisantes minutes. Je suis excité à blanc, comme une voiture amenée à ne jamais sortir du garage, qu’on démarre juste pour lui rappeler ce qu’elle rate.

Pris par mon sexe avec ces vibrations, pris par le reste avec ces ongles qui fourmillent, je subis complètement. Évidemment j’aime ça, évidemment je me sens chanceux.

Je suis finalement détaché puis mis au sol. Inanna Justice m’enroule dans le tapis du boudoir de Madame Lule. Je me sens comme un burrito géant, bien incapable de me sortir de cette situation. Je dois dire que c'était plutôt amusant d'être ainsi roulé.


Ventre face au sol, elle s’assoit sur mon dos, alors que je devine Calliope et Mia More qui continuent à s’acharner sur mes pieds, toujours chatouillé, alors que mon souffle se fait court, poitrine comprimée, étant écrasé sous Inanna. Là je n’en peux vraiment plus, je suis exténué, tellement que je ne ressens même plus l’énergie de rire, c’est trop, qu’on vienne m’aider ! Je suis même content que ça s’arrête.

J’aurais lâché mon mot de passe à cet instant-là si quelqu’un me l’avait demandé. J’ai été traîné et battu, j’ai perdu.




Baisser de rideau

Baisser de rideau, comme ceux du boudoir de Madame Lule. J’aime beaucoup son lieu, il lui ressemble. Après ces chatouilles qui n’en finissaient plus et cette explosion de ressentis, on me libère de mon burrito et m’invite à m’allonger sur le dos. Alors qu'Inanna Justice se prépare, Madame Lule me gâte une dernière fois de ses mains recouvrant mes lèvres. J’adore ses mains et ce qu’elle me fait avec, et c’est toujours plaisant pour moi d’y repenser, encore aujourd’hui.

La suite, l’éruption, sera le clou du spectacle.

• L’éruption du mont Inanna

Allongé sur le dos, Inanna Justice se dresse au-dessus de moi, un pied de chaque côté de ma hanche. Culminante, elle urine sur moi. Je ne sentais plus rien, sinon mon corps happé par les moulures du plafond de l’appartement de Madame Lule. Je me sentais plus léger. Je ne bougeais pas, pourtant tout mon champ de vision était en mouvement.

Comme en lévitation, je connaissais le bonheur de ne plus intellectualiser mes émotions. Je me suis laissé prendre, métaphoriquement pénétré par l’éruption du mont Inanna, un volcan qui n’avait plus rien d’éteint. Sa lave coule sur mon sexe, puis vient m’embrasser jusqu’à ma poitrine. Je prends feu mais n’ai aucune envie que les secours interviennent, qu’on me laisse me consumer en paix. Phénix, j’aime les clichés et suis déterminé à aller jusqu’au bout de celui-ci : je vais renaître, encore une fois, jusqu’à la prochaine fois où j’entrerai dans le cercueil.

Trempé de chaleur humaine, comme pour compenser un manque historique en moi, je ne me demande plus où va le monde, pas plus que moi-même. J’existe et, chose rare, je parviens à m’en contenter. En cela, ma paix intérieure ici trouvée contraste sans doute avec la décadence apparente de la scène.

Je connais le plaisir de la chute sans l’impact, le vertige au sol. On parlera certainement de subspace, pour reprendre les termes du milieu. Recouvert par l’extension liquide d’Inanna Justice, je me sens protégé.

Tout aussi passif que la bâche mise en place pour ce jeu, je prends le temps d’apprécier ma petite mort. Mes morts sont pour moi l’un des petits plaisirs de la vie, n’en déplaise aux dictateurs de l’esprit sain.

Je meurs brûlé et noyé sous cette lave, je monte au plafond et vois les saints. Puis je renais, plus fort qu’avant. Devenu pierre volcanique, je touche à une solidité qui m’a toujours fait rêver, que je n’aurai certainement jamais vraiment.

Vient alors cette renaissance, moins plaisante que la mort, indissociable du fait de devoir renouer avec mon corps. Ça y est, je commence à me relever, quelle misère. Je passe alors d’esprit soulagé à esprit faisant malgré ce qu’il est. Tragédie, je suis de nouveau responsable de ce que je suis : je doute.

Heureux d’avoir été aussi proche d’Inanna Justice, au point de la sentir s’étaler sur moi.

• Orgasme aux abonnés absent

Ça devient presque une habitude dans ces dernières rencontres, je n’ai pas pu jouir. Comme avec Blancheuryale, la pression m’a handicapé. Inanna Justice me dit que je ne dispose que de plusieurs dizaines de secondes pour jouir, Madame Lule enclenche un « tic-tac » qui me perturbe.


Échec avant la ligne d’arrivée. Devant ces dix yeux, je ne sors pas du fossé, et c’était plutôt gênant, mais clairement pas étonnant.


Je me sens l’âme d’un mauvais artiste infructueux, je ne connais pas l’obligation de résultat, seulement l’obligation de moyen, et c’est quand on n’attend rien de moi que je m’exprime le mieux. Esprit trop libre ou bien incapable de supporter la pression, je me tâte encore.




Puis, le dîner

Fin du jeu, je me sens reconnaissant.

Domina M nous quitte, alors que le reste du groupe sort dîner.

C’était chouette, ça m’a permis de converser un peu avec quelqu’un d’autre que moi-même. C’était classique, je n’ai pas grand-chose à dire de plus, on mangeait et on discutait, ça rigolait pas mal. J’étais quand même celui qui parlait le moins, j’étais un peu l’intrus ! Mais surtout, j’aime autant écouter que parler, sinon plus.

Le plan de table !

La fin du dîner a quand même sa place sur ce blog.

Inanna Justice, qui apprécie tant me taquiner parfois, crache dans mon café. J’aime le café, mais quand même ! Puis la tasse fait le tour de la table et s’enrichit de la salive des trois autres femmes présentes.

Inanna Justice fera de même pour mon verre d’eau. J’étais tellement content que Madame Lule s’y ajoute aussi.

Bien sûr j’ai bu. Mourir d’accord, mais pas de déshydratation.

Pour l’heure je suis toujours vivant, et l’expérience ici contée fait partie de celles qui m’encouragent à le rester le plus longtemps possible.


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