• BDSAIME

Le Boudoir Infernal avec Inanna Justice, Madame Lule et Maîtresse Blanche

Fin novembre 2021, j'ai eu le plaisir de faire partie des convives du Boudoir Infernal. Trois femmes dominatrices et six hommes soumis, pour une soirée dans un appartement parisien.

De gauche à droite : Madame Lule, Inanna Justice, Maîtresse Blanche

I - Introduction


• Le Boudoir Infernal : soirée BDSM à Paris


Le Boudoir Infernal était le premier rendez-vous organisée par FetesDesDommes, un compte tenu par la très active Inanna Justice. Elle semble être proche de Madame Lule et Maîtresse Blanche, c'est aussi pourquoi nous devrions régulièrement les retrouver autour de ces soirées et activités.


Pour cette première édition du Boudoir Infernal (qui est donc une soirée BDSM, avec un cadre et une identité se voulant plus maîtrisés), pantalon noir et chemise blanche étaient de rigueur pour les hommes soumis.

Première édition du Boudoir Infernal, chez Madame Lule

Avec une communication claire et soignée gérée par un compte mail dédié aux soirées du Boudoir Infernal, tout était parfaitement prévu quelques semaines en amont du jour J. Tout était très carré, trahissant la grande expérience des maîtresses de cérémonie.


Il y avait un petit questionnaire à remplir et retourner, où il nous fallait renseigner notamment quel niveau d'interaction accepte-t-on avec les autres soumis. A postériori, je constate que j'ai sans doute été le seul à dire que je ne voulais pas de contact avec mes homologues.


Le Boudoir Infernal semble avoir été un succès, et je pense que tout le monde a trouvé ce qu'il était venu chercher. Comme souvent dans ce genre d'évènement, ce sont surtout les femmes qui en sont à la baguette qui donnent le ton pour tous.



• Mon contexte d’avant soirée

Je passais le week-end chez Inanna Justice quand elle m’a parlé de ce projet de soirée avec ses deux collègues. C’est même elle qui m’a proposé d’en être client, sans quoi je n’en aurais pas fait la demande. Non pas que je n’étais pas tenté, mais je me posais trop de questions. Plus le temps passe, plus je réserve mes instants SM choisis à des profondeurs libératrices – une expérience de perdition émotionnelle plus que tout autre chose. Ce n’est pas toujours un modèle compatible avec une soirée "collective". De plus, s’il y a certes du bon à garder ces expériences exceptionnelles en termes de fréquence (dans mon cas, c'est surtout une question financière), le temps qui passe me dépossède systématiquement de mon élan. Je me sens alors étranger à la dynamique de mes semblables, complètement déconnecté. J’ai l’impression de sortir d’une cryogénisation mal calibrée. Pire encore, j’ai l’impression que cela se voit.


Ma dernière expérience SM remonte à plus de quinze mois, c’était auprès de Maîtresse Blanche. Elle m’a marqué. Je n’ai pas vu le temps passer depuis, et je ne sais pas si je dois m’inquiéter de ne pas m’en être inquiété. Je commence à me rendre compte que je n’ai pas forcément besoin de faire de telles rencontres fréquemment. Je me contente de peu quand on m’a beaucoup donné, et je l’ai sentiment qu’elle m’a beaucoup donné. Pour l’heure, je vis dans mon film muet à moi, j’en suis seul protagoniste, faute de trouver une actrice intéressée par ce long-métrage boiteux. Du spécial à sens unique, rêveur faute de mieux.


Je n’ai pas changé depuis ces quinze mois, mais j’ai beaucoup évolué. Je suis le même en mieux, ou en pire. Tout dépend du référentiel.

Pourquoi venir à cette soirée ? Ces trois dominatrices-là ont l’air de très bien s’entendre, une entente qui va au-delà d’un atypique métier en commun. J’aurais même l’audace de parler d’amitié. S’offrir un ticket pour une soirée avec ces trois femmes revenait alors à payer pour assister à quelque chose qui ne s’achète pas. C’est pratique !



• Mon contexte d’après soirée


Une fois n’est pas coutume, je commence par la fin, j’écris cette partie après la soirée. Cette dernière me permet de faire un petit point sur mes attitudes lorsque je passe en mode "soumis de séance".

Ma façon d’être en séance dépend beaucoup de la personne en face de moi, certains profils me révèlent plus que d’autres. En tout cas, chacun d’eux fait ressortir un côté différent en moi, c’est ma façon de me laisser transporter par la dominante. Si je parle de cela, c'est notamment parce que Maîtresse Blanche, en particulier, a cet effet sur moi de faire ressortir un inné bien enfoui. Elle est un aimant à naturel pour moi ; je me souviens encore de certains détails très précis en ce sens la première fois où je l’avais vue, avec Mistress Euryale. J’abandonne tous mes acquis, je deviens enfant-chose. Cela déborde jusque sur mon visage, il sera plus expressif en une heure de temps qu’en une semaine entière dans ma vie de tous les jours, et j’exagère à peine. Je regagne un état que je n’aurais jamais voulu quitter, au fond.


Qu'importe la personne, je recherche ces explosifs méandres émotionnels dans mes moments d’évasion, je ne recherche en réalité que cela. A quoi bon ces jeux-là, si je n’ai pas la liberté de trembler, pleurer, fusionner, et disparaître tout entier. Si je dois m’adapter et me contrôler comme je le fais chaque jour où je sors de chez moi, alors autant y rester, chez moi. C’est ici une des rares positions obtuses que je m’autorise.


Peut-être qu’une soirée comptant trois dominatrices et cinq autres soumis n’est pas le bon lieu pour se brancher sur ce mode-là, le seul où je me sens vraiment libre. Aussi, je ne me suis aucunement intéressé à ces cinq autres hommes de la soirée, je le confesse. Rien ni personne ne m’intéresse dans un tel contexte, sinon moi-même et la personne qui m’acceptera tel que je suis, baignant dans mes tréfonds. Mon criant besoin de validation ne va pas jusqu’à vouloir faire bonne impression auprès d’âmes aussi torturées que la mienne, et si elles devaient l’être moins, alors à quoi bon même s’y affairer - on ne se comprendrait pas.


Si j'estime être une personne gentille, je dois bien reconnaître que je ne suis en revanche pas toujours très sympathique. Le choix de la sécurité, dans mon cas.


J’ai passé une bonne soirée ! Place aux présentations...



II - Madame Lule


Madame Lule reçoit à Paris. Elle dit beaucoup d’elle sur son site internet, mais également sur La Férule, service d’abonnement porté par un large contenu dont elle est auteure. Vous la retrouverez également sur Twitter.


Sur La Férule, son antichambre érotique, vous trouverez textes et récits, photos exclusives et vidéos qui ne le sont pas moins la mettant en scène, et même des audios. Enfin, son Malendrier propose à ses suiveurs soumis des tâches à réaliser chez eux, en solo ou en duo. Etre membre de sa plateforme permet aussi de communiquer de façon privilégiée avec elle.


Madame Lule aurait beau ouvrir trente-six blogs et vingt-cinq comptes Twitter, j’ai l’impression que cela ne lui suffirait pas pour s’exprimer pleinement, espérer être complètement comprise par quiconque. Son riche vocabulaire ne lui sera d’aucune aide, elle gardera en elle quelque chose d’ineffable. A ce titre, je trouve d’ailleurs que ce n’est pas anodin qu’elle ait tenu à créer son propre site de contenu payant, plutôt que d’utiliser les services existants. Ce qu’elle propose est différent, cela semble toujours l’être un peu, avec elle.


Plutôt soie que latex, elle incarne une dominatrice distinguée, classique mais non moins moderne. J’inviterais toute personne intéressée à lire la présentation que j’avais faite d’elle il y a de cela plus de deux ans, je trouve que j’avais été particulièrement inspiré, et je ne saurais mieux reformuler.


J'ai même envie de reprendre le petit montage que j'avais réalisé. Il m'amuse beaucoup, et je le trouve toujours aussi juste. Une petite modification s'est imposée tout de même sur la couleur du contenu de mon verre... Je sirote de l'urine, explication en fin d'article !


• Madame Lule et moi


Sans transition, je profite de ces lignes pour confier quelque chose qui me fait beaucoup rire. Il y a quelques années, avant de la rencontrer, j’avais visité son site internet de l’époque. Elle y disait en substance qu’elle appréciait les soumis qui se rendaient chez elle en costume. Ce n’est qu’au bout de vingt bonnes secondes de réflexion que j’ai compris qu’elle parlait d’un costume, et non pas d’un costume (déguisement). Je ne comprenais pas, je trouvais ça totalement ridicule de venir en séance chez elle en étant déguisé. Je m’étais imaginé avec un déguisement de dinosaure, et ça ne me donnait pas du tout envie de venir la voir ! J’avais fini par comprendre que j’étais un peu à côté de la plaque.



J’ai beaucoup fantasmé au sujet de Madame Lule, ces deux dernières années. Je pense qu’elle ne s’en doute pas. Je relis régulièrement ma présentation d’elle dans l'article rappelé ci-haut, c’est ma préférée. Certains soirs, dans mon lit, je me plonge tout entier sous ma couette, et je sors mon téléphone, déterre cette archive. De toutes celles que j’ai rédigé, c’est, il me semble, celle qui dépeint le mieux la personne, plutôt que moi-même. L’échec d’un égocentrique. Je me rattrape donc en prenant plaisir à relire ce que j’ai moi-même écrit, une autarcie comme une autre – je les collectionne. Même à travers les mots des autres, Madame Lule ne sait faire autre chose que donner d’elle-même.


Je me surprends à m’imaginer aux prises avec son corps musclé. Elle tend ainsi à éveiller le bien maigre quartier charnel en moi. Coincé dans ses bras, ses jambes. Ses mains fermes maîtriseraient mon cou, mon visage, et mes lèvres fendillées. Elle me ferait taire à un point tel que je serais même incapable de la remercier. Tant pis pour elle, tout le plaisir sera pour moi.

Je me suis abonné un temps à La Férule, je voulais lire tous les écrits qu’elle y avait entreposés. Bien évidemment, je me suis inscrit avec un pseudo et une adresse email ne disant rien de qui j’étais. Le contraire aurait déjà été trop communicatif pour moi. Aux croisements de la connerie et de la pudeur, je reste planqué. Je me refuse le risque d’exister aux yeux de personnes que j’estime. J’ai bien trop peur d’être déçu du retour, je crois. Toute déception me touche bien plus qu’elle ne le devrait. Partant, il m’est tellement plus simple de ne même pas jouer.


Pas sûr que cette persistance dans l’anonymat me rende service, finalement. A force de prétendre ne pas exister, peut-être finis-je vraiment par être oublié, et perdre certains privilèges offerts. Si j’aime à penser que vivre oublié fait le sage, j’avoue que je rêverais tout de même être remémoré de certaines personnes. Un sage sans barbe, voilà un compromis qui m’irait bien.



III - Maîtresse Blanche


Maîtresse Blanche reçoit à Fontainebleau et Paris, dans deux lieux bien différents dans les univers qu’ils proposent. Elle s’est exprimée indirectement dans la catégorie interview de mon blog, un article qui vous la présentera bien mieux encore que je ne le pourrais le faire ici. Si elle possède son site internet, elle est plus active sur Twitter, MYM ou Onlyfans.


Du côté de Fontainebleau, elle reçoit dans sa GNC : Gynarchic Nurse Clinic. Comme son nom l’indique, ce lieu est dédié en grande partie au fétichisme médical, incluant l’ABDL, mais aussi à la discipline domestique.


Pour ce qui est de Paris, vous serez accueillis à la Crypte Blanche, dans le 3ème arrondissement. Petit sous-sol à l’ambiance sombre très travaillée, elle s’exprime ici à travers la séquestration et les châtiments corporels, où poussière et éclairage à la bougie accompagnent les gémissements des plus chanceux.



La GNC de Maîtresse Blanche est un lieu extrêmement bien équipé, où l’investissement financier et en énergie est flagrant. Alors que les cliniques BDSM foisonnent chez nos voisins suisses, allemands ou anglais, sa clinique semble être quasi unique en France, à un tel niveau d’équipement et de jusqu’au-boutisme dans le détail et l’immersion qu’elle propose. A un tel niveau, je pense que l'on peut parler de vraie création.


Si j’ai eu la chance de découvrir sa Gynarchic Nurse Clinic en 2020 (qui a pas mal changé depuis, notamment avec l’ajout d’une autre salle et sa table gynécologique), je n’ai en revanche jamais visité la Crypte Blanche. Les univers très marqués mais aussi très différents de ses deux terrains de jeu vont de pair, selon moi, avec l’approche méthodique et structurée qu’elle a de son activité.

La Crypte Blanche

S’offrir les heures qu’elle propose sous son joug est l’assurance de trouver face à soi beaucoup de maîtrise et de réflexion. Elle sait malgré tout cela rester spontanée, et c’est peut-être aussi en cela qu’elle est une dominatrice professionnelle de très grande qualité.


L’on devine également que Nurse Blanche est une professionnelle qui travaille énormément et investit beaucoup de temps et d’énergie dans l’élaboration des expériences qu’elle veut proposer à ses clients soumis. Elle préfère d’ailleurs les séances longues – elle souhaite aller plus loin dans ce qu’elle donne. Pour autant, cela n’est pas incompatible avec le fait de recevoir des novices. Novices ou pas, je pense qu’elle attend surtout de ses clients qu’ils comprennent que c’est une femme dominante qui propose ses services, et non pas une femme qui propose des services de domination. Comprendre par là qu’elle se veut sélective, et surtout très attentive à la démarche de la personne qu’elle fera voyager, et sa compatibilité avec son univers.


Si elle a longtemps rechigné à dévoiler son visage sur internet (nous ne voyions que ses yeux ou sa bouche, mais pas les deux en même temps), cette époque semble être révolue, pour le plus grand bonheur de ses abonnés sur MYM et Onlyfans.



• Maîtresse Blanche et moi


Maîtresse Blanche semble voir très clairement à travers moi, mais elle donne l’impression de m’apprécier malgré tout. C’est plutôt étrange, et surtout assez nouveau pour moi.


Elle m’accueille avec bienveillance et psychologie, et elle ne surinterprète pas certains de mes comportements parfois un peu en décalage. Je dois avouer que cela me fait du bien, comme tout ce qui m’est bien trop rare. Je ne saurais la remercier assez de savoir prendre ce recul face à certaines profondeurs que je suis très vite capable d’atteindre avec elle. Elle semble comprendre cela, ou au moins, l’accepter. Je crois même qu’elle est capable de beaucoup apprécier voir chez l’autre une profonde chute, quelque chose de bouillant, d’extrême. Dans le même temps, peut-être est-elle capable de voir le grand raisonnable, presque le résigné, veillant en moi.



Moi aussi j’apprécie Maîtresse Blanche, je l’apprécie même beaucoup. Pourtant, je ne l’ai vue que trois fois en l’espace de deux ans et demi. Quatre fois, si l’on compte son entrevue pour mon blog (peut-être mon meilleur souvenir, étrangement). Certes, je n’ai pas besoin de la voir pour l’éprouver. Un simple mail peut m’animer des mois durant, après l’avoir rangé dans le petit dossier à son nom. Est-ce bien juste de ma part de lui attribuer un tel statut, un tel pouvoir, malgré elle ? Peut-être que non. La réponse n’appartient en tout cas qu’à elle.


Trois fois en deux ans et demi : je devrais déjà être bien content qu’elle se souvienne de mon prénom. Le reste n’est que fiction, pour ne pas dire qu’un rêve éculé. Le reste n’est qu’un récit à l’encre invisible, il n’y a rien à lire, et je tourne ces pages dans le vent. A l’échelle de son activité, du nombre de clients qu’elle accueille, et de ce qu’elle développe avec ses plus fidèles soumis, je ne suis rien, ou à peine plus – je tâche de ne jamais l’oublier, c’est de ma responsabilité. Peu importe mes rêves, mes désirs, peu importe même cette connexion que je ressens avec elle, la vérité n’est que celle-là et c'est bien normal. Prétendre à l’inverse serait presque déjà déplacé. Peut-être certaines montagnes sont-elles faites pour le rester.


Je me fais petit, tout petit. Je ne veux jamais interagir en dehors d’une rencontre fixée avec elle, jamais lui donner le sentiment que je demande plus que ce qu’elle a déjà entendu me donner. A rechercher son attention en dehors du cadre de son activité, j’aurais l’impression de lui manquer de respect. Le problème, c’est que j’ai été assez brillant pour ne pas revenir vers elle la seule fois où c’est elle qui attendait de mes nouvelles – je n’avais pas compris cela. Une défaite ricanante ; une défaite quand même. C’est ainsi, rien de bien nouveau pour moi ; ni la défaite, ni cette envie de me mettre des claques. J’ignore pourquoi j’ai parfois si peur des autres puisque personne ne pourra me décevoir autant que moi-même.


J’ai failli être spécial. Tous ces souvenirs de moments qui n’existeront pas avec Maîtresse Blanche font partie de mes préférés.

 

Je repense encore très souvent à cette nuit passée dans sa clinique il y a bientôt deux ans, déjà. Le temps passe vite, très vite, lorsque je me replonge dans cet espace. Il y a un confort certain dans mes ressassements. Mais à rêver autant, je me demande parfois si je ne passe pas à côté de moi-même. Je me sens parfois petit joueur. Au moins, je joue, certes à ma manière. Au moins, je ne fuis pas. Baby steps?


Après Patient soumis, je songe à publier une autre pensée dans les semaines, mois à venir, développant un aspect lors de ma journée passée avec elle que j’avais totalement passé sous silence dans mon article de l’époque, là où c’est pourtant celui que je retiens le plus aujourd’hui.


J’ai beaucoup écrit sur Maîtresse Blanche vue à travers ma propre lucarne, peut-être trop. Si c’était à refaire, je voudrais beaucoup plus m’attarder sur une présentation objective de son activité et des lieux dans lesquels elle reçoit. Un article didactique et complet, une vitrine mettant en valeur le fruit de son travail, idéalement en intégrant ses propres commentaires sur tel ou tel aspect particulier. Sa GNC propose vraiment quelque chose de rare et différent à l'échelle de la France. Je pense qu’elle fait partie des personnes à qui l’on ne peut jamais trop donner la parole.


Elle a construit quelque chose d’exceptionnel, qui mérite d’être mis en avant et exposé plus encore que ça ne l’est déjà. Surtout que sa grande activité sur les réseaux sociaux, au détriment parfois de son propre site internet, ne favorise pas son référencement sur nos moteurs de recherche favoris. Mais après tout, elle n’a pas l’air de s’en plaindre, et tout semble très bien fonctionner pour elle. Je suis toujours content quand le travail de quelqu'un paye.



IV - Inanna Justice


Inanna Justice reçoit à Paris, dans un donjon entièrement dédié à ses jeux. Elle a récemment fait refaire son site internet. Vous la trouverez également sur Twitter, Onlyfans et Loyalfans.


Inanna Justice est à l'origine de cette soirée du Boudoir Infernal. Très active sur la scène BDSM parisienne, elle ne cesse d'amorcer de nouveaux projets et les mener à bien. Soirées, ateliers, livres... Hyperactive, son énergie est communicative. Très portée sur le partage, elle écrit régulièrement des articles plutôt didactiques sur son site. Elle donne également la parole à celles et ceux qu'elle reçoit, et publie beaucoup de retours d'expériences.




Franco-américaine ayant grandit aux États-Unis, elle s'est installée en France il y a quelques années. Dominatrice intelligente, sensible et consciencieuse, elle se soucie beaucoup de l'expérience qu'elle offrira au soumis.



Il est difficile de parler d'Inanna Justice et de ses projets sans évoquer son récent Inannapoly ! Elle a créé un jeu de société pleinement BDSM de A à Z, et il semble rencontrer un certain succès. Elle a même rédigé un article de présentation à son sujet. Elle a eu idée de ce jeu, et un mois plus tard, elle l'avait concrétisée ! C'est bien à son image : pas de temps à perdre, le faire vite mais le faire bien malgré tout.


Créative et passionnée, elle sait pénétrer les autres, et pas seulement physiquement.



• Inanna Justice et moi

Inanna Justice, la dominatrice professionnelle, ce sont les autres qui en parlent le mieux, pas moi. C'est une amie, et l'on ne joue jamais ensemble. Je n'en éprouve pas l'envie, et je pense qu'elle non plus - je suis un peu tout à l'opposé de son profil et ses appétences. J'ai été son soumis pendant quelques mois en fin d'année 2019, mais cela ne fonctionnait pas totalement, la transition vers une relation d'amitié classique s'est faite d'elle-même. On se voit quelques fois par trimestre.


C'est aussi ce qui fait que j'ai toujours plus de mal à écrire sur elle que sur d'autres femmes avec qui il y a une certaine distance. Je ne peux en tout cas qu'inviter tout lecteur à la suivre sur Twitter, où elle est très active, et vous aurez sans doute rapidement un aperçu de l'inspirante et inspirée dominatrice qu'elle est.



V - Le Boudoir Infernal

Petite précision sur ce qui suit : je vais relater avant tout ma propre expérience, sans vraiment m'attarder sur le sort réservé à mes collègues soumis. J'étais un peu dans ma bulle, et les souvenirs me manquent !

• Autotest covid et mise en place de la soirée


Après avoir reçu les instructions par téléphone, je me rends à l'appartement où la soirée prenait place. J'étais la première personne attendue. Maîtresse Blanche m'ouvre la porte et adopte une discrète réaction amusée, comme souvent face à moi ; peut-être en raison de mon air un peu ahuri, comme souvent face à elle. Elle portait une blouse blanche, l'infirmière se chargeait du dépistage covid des invités.


A peine mes affaires posées, Maîtresse Blanche me tend sa main, puis la retire au moment où j'allais la saisir pour effectuer le fameux baisemain. Désarçonné, je bloque complètement ; je ne sais pas alors quelle réaction physique ai-je affiché, mais cela devait être un peu ridicule, car cela l'a beaucoup fait rire. Elle me tend à nouveau sa main, amusée, mais finit par se raviser voyant que je ne redescends toujours pas, disant que nous n'avions pas le temps pour cela ! Je la suis alors jusque dans la cuisine. J'étais un petit peu triste de ne pas avoir pu la saluer comme elle l'entendait, mais dans le même temps j'aime beaucoup quand elle se joue ainsi de moi. De manière générale, toutes mes interactions avec elle me paraissent facile dans le sens où je ne contrôle plus rien du tout, je me sens bête animal, comme si elle me dénudait de tous mes acquis.


Je prends place dans la cuisine et vient l'heure du test covid, pendant lequel Maîtresse Blanche prend un malin plaisir à torturer ma cloison nasale. Des petits aller-retours de très faible amplitude, c'est effectivement ce qu'il y a de pire ! Ce n'est pas douloureux, mais qu'est-ce que cela est désagréable. Réaction physique automatique : je pleure. Des larmes qui donneront en partie le ton de la soirée pour moi. Pour la seconde narine, l'on me trouvait trop gesticulant, Inanna Justice vient alors en renfort, et bloque ma tête par derrière avec ses bras. Je ne me lasserais jamais de ces situations où je suis vulnérable près de Maîtresse Blanche.

 

Je suis ensuite pris en charge par Inanna Justice, elle m'accompagne dans le salon, m'enfile une cagoule noire sur le visage, et me fait attendre à genou sur un coussin. C'est ici que j'assisterai à l'arrivée, un par un, des cinq autres invités de la soirée, prenant place près de moi, à genoux également. Pendant tout ce temps-là, c'est Madame Lule, d'une rouge robe vêtue, qui surveille et anime ce sas d'attente. J'étais un peu gêné, je ne trouvais pas mon bon canal de communication, je cherchais le naturel qui peinait à se manifester dans l'atmosphère. J'ai vite été rejoint par un homologue faisant bien mieux l'affaire que moi dans ces échanges fantaisistes, puis d'autres, et Madame Lule trouvait alors du répondant derrière les cagoules.


Une fois tous les soumis anonymes réunis, Maîtresse Blanche quitte sa blouse d'infirmière et affiche la même tenue que sur la photo ci-contre. J'étais content, le bleu est ma couleur favorite, et j'aime beaucoup cette photo d'elle ! Inanna Justice, quant à elle, arborait robe et longs gants noirs.


Les six cagoulés sont alors parfaitement alignés, et rapidement inspectés. Madame Lule, dans son rôle d'hôtesse, énumère règles et rappels de rigueur. Deux ou trois d'entre nous occupent le rôle de l'insolent de service et apprécient trouver les réponses qu'ils sont venus chercher dans la bouche de femmes.


Moi, je me tais. La parole me ferait perdre de mon essence, je vulgariserais un état ne m'appartenant même pas. J'aime exister dans ces moments-là par tout ce que je ne suis plus, et chaque syllabe formulée m'humaniserait lâchement. C'est notamment pour cela que j'aime tout particulièrement être bâillonné, je pense.



• Instant cuisine avec Madame Lule


Quatre soumis resteront avec Inanna Justice et Maîtresse Blanche pour commencer les festivités, tandis que le cinquième et moi-même sommes réquisitionnés par Madame Lule dans la cuisine. Il nous fallait préparer de quoi manger pour les quelques heures à venir.


Je peine à me rappeler vraiment de cet épisode. Madame Lule s'est beaucoup amusée du soumis qui lavait les concombres au liquide vaisselle et à l'éponge. Elle m'a fait faire une vinaigrette - quelle torture ! Je ne voulais surtout pas tâcher ma chemise, je me suis donc retrouvé couvert par un kimono.


C'est peu de dire que je ne suis pas manuel, et je cuisine peu, voire pas du tout. Je n'avais d'ailleurs jamais fait de vinaigrette. Il faut dire, la chambre que j'occupe à Paris depuis plus de trois ans maintenant ne me donne guère envie de m'y mettre. Instant Cosette : je suis déjà bien content quand les plombs ne sautent pas lorsque je mets en marche ma plaque électrique, et les pires nuits d'hiver, j'expire de la vapeur chez moi. C'est transitoire, le lot de beaucoup d'étudiants.


En fait, ce que je retiens le plus de ces vingt à trente minutes dans la cuisine, c'est une forme d'incompréhension que je ressentais entre Madame Lule et moi. Elle semblait penser que j'étais très mal à l'aise et tentait alors de m'aider, mais moi je me sentais très bien ! En réalité, ce sont ses bonnes intentions qui finissaient par me perturber. J'essayais de lui faire comprendre, mais je n'ai pas été assez bon en ce sens. Elle me disait remarquer que je tremblais un peu, certes, mais j'aime trembler dans ces moments-là. C'est un plaisir pour moi de toucher à cet état de proie démunie.


Que je me fasse bien comprendre cependant : Madame Lule, comme toujours, a brillé de tout son grand talent.



J'ai fait goûter notre préparation à mon collègue soumis, le nourrissant de mes doigts. C'était la première fois de ma vie que je touchais la bouche de quelqu'un d'autre, et j'espère aussi la dernière. J'ai un jour décrété que toute expérience ne m'était pas bonne à prendre, d'où mes cryogénisations.



• La proie comblée de Maîtresse Blanche et Inanna Justice


Capture

Salades terminées, Madame Lule et ses deux chefs étoilés regagnent la petite fête. Les deux autres femmes de la soirée étaient alors en plein spanking sur quatre quadrupèdes, notre arrivée y met fin. Quelques minutes passent, et je me retrouve vite là où je suis souvent le plus à l'aise : près d'un mur, à observer les autres. Inanna Justice met fin à mon dialogue intérieur en me passant une camisole de force en cuir. Je suis content, j'aime beaucoup la contrainte physique - elle me rassure, elle me contient, elle cautérise la plaie béante que je suis.


Je me retrouve alors debout, bras croisés dans ma confortable camisole. Quelques secondes passent, puis je vois Maîtresse Blanche se lever du canapé sur lequel elle était assise. Elle s'approche de moi, sans que je ne sois encore sûr que c'est bien ma personne qu'elle prenait en chasse. Je comprends que c'est le cas lorsqu'elle me regarde, s'approchant toujours. Je fais de petits pas dans le sens opposé, je n'aime la fuite que lorsqu'elle est vaine. Je ne vais pas bien loin avant qu'elle ne pose finalement ses mains sur moi ; je me sens alors transporté, déjà, pour si peu. Je me sens libéré, comme si un poids me quittait - presque comme si je me quittais.


Ses mains sur ma seconde peau. Elle me sourit. Je veux faner sur elle, fleur d'automne que je suis. Elle le sent bien, et s'en amuse, commentant ma petite fuite puis ma recherche de câlin une fois attrapé. Je me sens alors bien bête, décontenancé de la voir me lire avec tant de facilité, comme souvent.


Torture

Maîtresse Blanche commence à me chatouiller la nuque, seule partie de la moitié supérieure de mon corps laissée libre entre ma camisole et ma cagoule. J'y suis plutôt sensible, elle s'en amuse et j'aime qu'elle s'en amuse. Ces petites étincelles ressenties sur mon cou et ma nuque s'intensifient, peut-être prend-elle du plaisir à me voir ainsi perdre le contrôle.


L'une des pièces de la GNC de Maîtresse Blanche

Je tombe sur mon ventre après avoir perdu l'équilibre à la seconde où elle me quittait des yeux, tout un symbole. Elle s'était juste retournée pour se prendre à manger. Je connais alors l'une des plus belles sensations de cette soirée : toujours allongé sur mon ventre et contraint de ma camisole, Maîtresse Blanche s'assoit à califourchon sur moi. Je suis aux anges du seul fait de sentir son corps sur moi, de ressentir cette contrainte physique émanant d'elle, une contrainte chaude et vivante, vibrante. Je me débats alors pour ne faire que mieux la ressentir. Chanceux que je suis, généreuse qu'elle est, elle ressert alors son étau de ses cuisses musclées, et continue à me chatouiller la nuque. Le plaisir rencontré et la perte de contrôle décuplée par ma position augmentent le volume de mes rires.

Cette situation dure, et je me sens comme dans un de mes rêves. Je me débats toujours plus, mais rien n'y fait - quel bonheur. Maîtresse Blanche me chevauche et fait de moi sa brave bête. A force de gesticuler et vouloir fuir ces chatouilles infernales, mon corps pivote et je me retrouve alors sur le dos. Ma cavalière, elle, n'a pas bougé, et me chevauche donc maintenant depuis mon ventre, tout en continuant à m'administrer mon traitement de rigologie. De cette position, j'ai alors le privilège de la voir en train de me faire du mal.


Inanna Justice s'invite à la danse et m'attache les jambes à l'aide de ceintures en cuir, accentuant mon immobilisation. La perte de contrôle s'intensifie, mon bien-être avec. Inanna Justice commence alors elle aussi à me torpiller de chatouilles, au niveau des jambes et des pieds. Il n'y a que des rires, elles s'amusent des miens. Je me débats toujours plus, et Maîtresse Blanche me rappelle à l'ordre : je ne voudrais quand même pas déchirer sa belle robe. Elle sait comment me faire un peu peur.



Je chéris encore ce moment où je fus vers de terre comblé. Le contact physique direct avec Maîtresse Blanche est quelque chose de rare.



• Pensées calmes et gingembre en caleçon


Après cet intense moment fait de doigts agités, je suis laissé à mon sort, dans ma camisole, au sol. Je vois les autres mais je ne les regarde pas, je suis perdu dans mes pensées et mes sensations. Après quelques minutes passées allongé, je finis par m'asseoir, mes esprits revenus.


Puis, Inanna Justice me rejoint et me nourrit de sa nourriture pré-mâchée. Maîtresse Blanche était là aussi.

Je ne saurais plus dire qui de la première ou la seconde m'a donné un gingembre à manger. Je grimace ! De ce moment, je me souviens surtout de la réaction amusée de Maîtresse Blanche. Elle commentait la scène, relevant ce qui était selon elle une grosse veine sur mon front, en réaction à cette agression buccale que je subissais. Devant cette image, elle me comparait à un petit bébé. Il ne m'en fallait évidemment pas plus pour me ramener dans sa clinique, avec elle. Si je rougissais, ce n'était alors pas que du fait du gingembre.

 

Je profite de ce court paragraphe pour placer un instant flou, je ne sais plus exactement quand est-ce que cela s'est passé. Très vite, en raison des activités proposées, les cinq autres soumis se sont retrouvés nus. J'étais alors le seul habillé, pendant un moment, jusqu'à ce que Inanna Justice me demande justement de retirer tout cela. Je m'exécute. Ce n'est en revanche qu'à la toute fin de la soirée que je remarquerai que j'avais conservé mon caleçon, alors que tous les autres étaient pénis à l'air. Cela ne me dérange aucunement d'être nu, mais je n'avais pas compris que c'est ce qu'il fallait faire. Une fois de plus, je me démarque bien malgré moi.


De toute façon je ne comprends rien, je ne comprends jamais rien. Mon seul but est de vivre le plus longtemps possible pour m’apercevoir, la fin venue, à quel point je n’avais effectivement rien compris depuis le début. Ma curiosité seule porte mon instinct de survie.


Si avec une telle philosophie, j’arrive encore à être déçu de mon existence, alors je ne sais plus quoi faire.



• Au service de Maîtresse Blanche


Après cela, je suis de nouveau mis au repos, mais je ne sais plus à quel moment exactement l'on me libère de ma camisole de force. J'observe les jeux prenant place autour de moi. Il était plus simple pour elles de s'occuper des cinq autres soumis à la fois, en cela qu'ils avaient - je crois - tous accepter de pouvoir être en contact physique avec un autre soumis. Ce n'était pas mon cas. Je crois que tout le monde était très content d'être venu. Mais, encore une fois, j'ai complètement fait fît de la dimension collective de cette soirée-là, je ne saurais être exhaustif sur le sort de chacun.

Le temps passe, puis Maîtresse Blanche vient de nouveau vers moi. J'arbore, je suppose, ma tête d'enfant décontenancé. Je le sens parfois. Nous sommes tous les deux debout, elle s'amuse à pincer mes tétons. Je n'ai pas une grande sensibilité sur cet endroit du corps, je tire alors mon plaisir plus dans l'attention qu'elle me donne que dans ces pincements. Je me sens toujours à la fois épanoui et complètement écrasé en sa présence.


Elle prend place sur le canapé et m'indique de lui apporte à manger. Je saisis un bol que je remplis, essayant de diversifier et d'équilibrer au mieux les divers ingrédients composant la salade. Je ne sais pas si elle préfère une fourchette ou une cuillère, je lui demande. Son bol de salade apporté, je suis assis à genoux devant elle, et commence à lui masser les pieds.


Impossible alors pour moi de ne pas me rappeler des derniers instants passés dans sa clinique, l'année passée. Je n'ai pas bien su apprécier ce remake, j'étais mécontent : je trouvais que je massais moins bien que cette fois dernière avec elle.


Je ne savais pas si je pouvais lui parler, ou même si elle attendait de moi que je le fasse. Je cherchais régulièrement son regard, pour ne trouver à chaque fois que ses yeux tournés sur sa droite, vers les autres protagonistes de la soirée, en plein jeu. Je comprenais alors qu'elle ne voulait pas être dérangée, ou en tout cas qu'elle faisait mine de ne pas le vouloir. Je me taisais donc.


Une fois restaurée et partie rejoindre ses deux amies, je me retrouve seul au pied du canapé, orphelin lui aussi. Ne me restent que ses chaussures à talons. Je les prends en main et joue un peu avec. Cela me fait plaisir de communiquer avec des effets lui appartenant. En plus, je comprends un peu mieux les objets que les personnes.


Maîtresse Blanche, avec Mistress Euryale au second plan

Moi aussi, je voudrais être son objet. Rangé dans son placard, ou sa table de nuit. Planche à repasser ou paquet de mouchoirs, j'accepterais tout.



• Commentateur sportif


Les cinq soumis sont alignés, à genoux, à sucer chacun un gode posé au sol. J'étais content de ne pas prendre part à ce jeu, rien que d'y assister je sentais mon énergie me quitter - cela allait trop vite pour moi.


Les maîtresses de cérémonie me confient alors comme tâche de commenter ce concours de suçage de bite (difficile de le dire autrement). Je reste un peu perplexe dans un premier temps, je me demande s'il y avait une finalité à tout cela, s'il y avait des critères établis pour désigner un vainqueur, ou bien s'ils le faisaient juste pour s'amuser.



Je commente donc à voix haute comme je peux, et à ma manière. Cela me rappelait quand j'étais petit, et que je m'amusais à faire le commentateur sportif devant mon écran lorsque je jouais aux jeux-vidéos de football.


Par la suite, j'ai même dû commenter la scène d'un soumis faisant une fellation à un autre - des préférences indiquées dans leurs questionnaires respectifs. Au vu des remarques de que l'on m'adressait, je suis presque certain avoir donné l'impression contraire, mais je faisais beaucoup d'efforts et j'ai mis de la bonne volonté dans ces commentaires. Mais, passé les deux premières secondes, j'avoue que je séchais complètement. Ce n'est pas simple de commenter quelque chose que l'on ne comprend pas. Je ne suis attiré ni par le physique des personnes, ni par leurs organes sexuels.



• Sous les pieds de Madame Lule


D'ailleurs, comme déjà glissé sur mon blog, je ne suis pas non plus fétichiste des pieds en tant que tel, mais simplement attiré par leur rareté, et du sentiment d'humiliation souvent engendré à leur contact - tout passe par le filtre de l'intellectualisation, ce qui n'est pas vraiment une bonne chose.

Assis au sol, dos contre un mur, Madame Lule, installée sur sa chaise, pose ses pieds de nylons vêtus sur mon torse. Je commence à les masser, mais intérieurement, je ne veux qu'une chose : me retrouver le visage sous la plante de ses pieds. Je ne sais si la télépathie existe, mais le fait que très vite, elle passe ses bas nylons sur mon visage. Je ne veux ni lécher, ni prendre en bouche ses pieds. C'est triste à dire peut-être, mais c'est déjà être trop actif pour moi. Mon plaisir le plus entier est la pleine dérive, subir, et me laisser transporter.


Les douces caresses de ses pieds sur mon visage m'apaisent, et m'humilient autant qu'elles me sécurisent. Je veux me perdre et étouffer dans ses pieds, un de ces alpinistes portés disparus que l'on ne retrouvera jamais, pour peu qu'on l'ait vraiment cherché.


Les minutes passent, et j'ose alors prendre une initiative. La deuxième de ma vie seulement. Ma première initiative a été de vouloir naître, et j'avoue avoir été déçu du service. Je me suis juré alors qu'on ne m'y reprendrait plus. Tant pis, me dis-je, paraît-il qu'on ne vit qu'une fois. Alors, initiative je prends, et je quitte la position assise, pour passer allongé sur le dos, toujours sous les pieds de ma distinguée gardienne. Initiative réussie, et je suis toujours en vie. Me serais-je menti à moi-même pendant tout ce temps ?


Si je n'avais pas gardé mon caleçon, l'on aurait vu ma belle érection. Madame Lule finira dans cette position par retirer ses bas nylons, et me les laisser sur mon visage. Elle ne l'aura pas remarqué, mais j'ai versé deux larmes ; je me sentais simplement bien. Je ne sais vraiment moi-même ce que j'exprimais, et j'avoue que cela ne m'intéresse pas tant que cela. Que l'on me laisse l'instant présent, pour une fois.


Calme, intimité et sécurité, les mots-clés de ce moment pour moi.



• Cœur liquide de ma soirée : larmes et urine


Premier verre

J'échangeais avec Inanna Justice pour je ne sais plus quoi, lorsque je vois Maîtresse Blanche s'approcher de moi, un verre en main. Elle me demande si j'ai soif. La voyant me tendre le verre, je l'aurais de toute façon accepté même si je venais de boire deux litres d'eau.


Ce n'est qu'une fois le constat fait de la température du verre dans ma main, puis le lien avec la couleur du liquide, que j'ai compris qu'il s'agissait de son urine. Cela expliquait aussi le petit air amusé sur son visage. Je me sens alors tout chose, tellement touché qu'elle ait pensé à moi, et de savoir que cela lui faisait plaisir de me faire boire son breuvage.


Je ne bois pas le contenu de ce verre, je le déguste, et fait durer le plaisir. Si les premières gorgées se sont faites devant elle, Maîtresse Blanche me laissera ensuite pour s'occuper des autres créatures. J'étais seul avec son verre, je n'étais donc pas seul. Chevalier marqué, je me sentais adoubé par elle.


Emoustillé, je sers cette chaude paroi transparente contre mon torse. Il reste un fond d'urine, mais je ne veux pas le finir. Je n'aime pas les fins, la séparation fait mal. Si je ne finis pas mon verre, alors cet instant durera encore.



L'entre-deux verres : connecté à Maîtresse Blanche, déconnecté de la planète Terre

Si cela ne tenait qu'à moi, j'aurais pu rester seul dans un coin pendant tout le reste de la soirée, perdu dans mes pensées et mes sensations. Mais je suis convoqué par Madame Lule à quelques mètres de là. Nous la rejoignons alors, mon verre et moi. Quelques minutes seulement nous avaient été suffisantes pour devenir meilleurs amis.


J'avoue que j'étais ailleurs ; j'étais physiquement avec Madame Lule, mais physiquement seulement. Je crois me rappeler que j'étais assis sur le sol, et elle sur une chaise. Je ne sais plus pour quelle raison elle me retire mon verre des mains, sans doute avait-elle besoin qu'elles soient libres. Je regarde mon meilleur ami posé sur le sol, et je réfléchis un peu. Deuxième initiative de la soirée : je reprends le verre ! Maîtresse Blanche me l'avait confié, et cela me faisait trop mal de me le voir retiré par quelqu'un d'autre qu'elle. Le chevalier aurait pris cela pour une déclaration de guerre, s'il ne savait pas que Madame Lule ignorait la provenance de son élixir sacré !

Je savais ce comportement immature sur le moment, et me le suis autorisé malgré tout, comme d'autres au cours de la soirée, parce que c'est le comportement qui m'était naturel, sans pour autant être irrespectueux envers quiconque. Je ne verrais aucun intérêt à vivre mes instants de soumission dans le contrôle, et dans le jugement de moi-même. Je me dompte bien assez comme cela dans mon quotidien. Rien ne m'inspire plus grande tristesse que celui qui ne s'abandonnerait qu'aux trois quarts seulement, anxieux de l'image qu'il renverrait. Dans ma soumission profonde, je serai toujours plus proche de l'enfant blessé que de l'homme vaincu, et, sauf quand cela m'est reproché de manière bien trop véhémente dans un petit manque de recul, cela n'a jamais été un sujet qui m'a travaillé.


Pendant bien vingt minutes, je restais ailleurs. Je n'étais qu'avec la druide Blanche, son élixir serré fort contre moi. J'avais les larmes aux yeux, là encore, sans trop savoir pourquoi. Je sais en tout cas que je me sentais à la fois fier, flatté, heureux, et je voulais le rester, je chérissais cette bulle.


Le seul relatif problème dans tout cela, c'est que je ne communiquais pas assez avec Madame Lule, qui voulait me faire. Si elle est une femme brillante, elle ne sait pas encore lire les pensées. Résultat : deux ans que je fantasmais régulièrement sur le fait de retrouver de nouveau ses mains sur mon visage, ma bouche (handsmothering longuement développé dans cet article), et je suis passé complètement à côté, alors que c'était exactement ce qu'elle m'a offert. Trop pris par mes émotions, je n'ai pas su lui faire une place en temps utile.


Trop tard, le fort élégant train est passé. Même ne rien faire et subir, je n’arrive pas à l'exercer convenablement - inapte de naissance, je ne parviens à faire illusion qu’aux yeux des moins clairvoyants. Je suis venu au monde bien trop tôt, il m’aurait fallu quelques siècles de préparation à cette vie, fermement momifié à travers les âges.


Chevalier bas du front, je ne rate jamais une occasion de donner les moyens aux gens de ne pas me comprendre. Il faut croire que je crains trop de ne plus me sentir exister le jour où je serai complètement compris de tous.


Second verre

Plus tard encore, quand tout était un peu plus calme déjà, Maîtresse Blanche m'empruntera son verre, pour aller le remplir de nouveau. Elle est si gentille avec moi ! L'attente était à la fois intense et douce. Lorsque je l'ai vue revenir dans la pièce, verre plein, je pense qu'elle pouvait déceler des étoiles dans mes yeux.


Je suis à genoux devant elle, saisis le verre qu'elle me tend. Cette fois-ci, elle me regardera le boire complètement en quelques secondes. Cette fois-ci, l'émotion me vainc complètement, et je ne peux retenir mes pleurs entre mes gorgées. Je tente de la regarder dans les yeux. Moment si intense que chercher des qualificatifs me fatigue d'avance, je n'essaiera même pas. Maîtresse Blanche n'a pas peur de ces tréfonds-là chez les autres, et je l'ai vu à sa réaction depuis mes yeux mouillés : bien plus concernée que dans l'incompréhension ou le malaise.


Le verre d'urine terminé, je le sers contre moi, et remercie Maîtresse Blanche de mon timide mot. Je me sentais si bien, c'est tout ce que je retiens. J'ai adoré pleurer, cela m'a fait du bien.


Ce singulier constat : la femme m'ayant fait boire son urine à deux reprises m'apparaît comme plus bienveillante à mon égard que je ne le suis moi-même. Je ne sais quoi en penser, je me contenterai donc de l'écrire.


Verre kidnappé

Avant ce deuxième verre, j'avais demandé à Madame Lule si je pouvais le ramener chez moi. Elle était d'accord, uniquement si Maîtresse Blanche l'était aussi.


Sur le moment, cette quête me paraissait absolument essentielle. Un chevalier conserve ses décorations ! Deux mois plus tard, cela me laisse un peu plus neutre. Pour autant, si c'était à refaire, je le referais, et je suis fier de m'être écouté sur ce moment si intense pour moi. C'était mon vrai de l'instant, et je n'ai pas peur du vrai, mieux que cela, je le capture et l'encadre. J'ai ce courage-là, je ne suis pas chevalier pour rien.


Je remercie Madame Lule pour m'avoir permis de repartir avec son verre. Avec moi, nul besoin de vide-grenier. La prochaine fois, j'ambitionne d'embarquer sa commode ou sa télévision. Là est tout mon génie : me meubler à moindre coût, l'air de rien.



• Fin de soirée

Tout le monde s'active pour nettoyer un peu, et ranger. J'ai passé l'aspirateur.


Je suis parti assez vite après cela, alors que les autres invités sont restés plus de deux heures à discuter avec Madame Lule et Inanna Justice. Chemises blanches et tentatives d'interventions éloquentes étaient de la partie. Moi, je ne cache pas que j'étais dans l'un de ces moments où me retrouver avec moi-même m'apparaissait infiniment plus intéressant que communiquer sur ce mode-là avec d'autres personnes. Quelle vulgarité était-ce de s'adapter après toute une soirée de vrai. Sur le moment, rien ne pouvait moins m'intéresser. Je suis donc parti, prenant le risque de passer pour ce que je suis.


L'anomalie, c'est certainement moi, et je suis convaincu que tout le monde est reparti avec de très bons souvenir de cet after, dans une très bonne ambiance, à ce que l'on m'a dit.



VI - A volets fermés et cœur ouvert


Cette expérience est déjà passée, c’est terminé. Il n’en reste plus rien, sinon des souvenirs tronqués et toujours embellis. Je suis content d’y être allé, cela me change un peu de la cryogénisation. C'est moins calme, mais plus chaleureux.


Cela m’aura aussi permis de remettre à Maîtresse Blanche un cadeau que j’avais acheté il y a plus d’un an pour elle, un cadeau que je pensais à l'origine lui offrir pour une toute autre occasion. Il lui a beaucoup plu, je suis fier. Ce présent pour elle était resté presque douze mois sur le parquet de mon luxueux 9m2 sous les toits. Sa vue me faisait sourire de l’intérieur, parce que je savais sa remise imminente. J’ai fini par le ranger dans mon placard l’été dernier, quand j’ai finalement compris. A l’arrivée, les choses ont fait que je n’ai même pas eu l’occasion de voir Maîtresse Blanche l’ouvrir devant moi.


Il y a certainement une leçon à tirer de tout cela, et elle attendra - je ne suis pas d’humeur.

 

Lectrice, lecteur, je vous remercie, et tout particulièrement si vous faites partie de ceux qui m’ont lu du début à la fin de cet article. Cela me touche beaucoup. Je dois vous dire que je ne vous comprends pas vraiment, j’ai du mal à croire que je peux être si intéressant que cela dans ce que je raconte. Je ne m’explique toujours pas le relatif succès de mon blog. Savoir être lu donne un sens à certaines de mes trop longues nuits. Je suis parfois seul différemment qu’avant. J’ai le sentiment d’avoir su concrétiser une partie du vide en moi, ce vide que l’on possède tous, et je le vis comme un petit accomplissement. A volets fermés et cœur ouvert, j’écris à la vue de tous ce que je n’ose dire à personne.


Je reçois parfois des mails élogieux de lecteurs de 20 à 75 ans, me remerciant pour mon honnêteté, pour mes confidences. Je réponds toujours avec une certaine retenue, je ne sais pas recevoir les compliments. De plus, trop me livrer, c’est risquer décevoir, toujours. J’espère juste que cette retenue n’est pas interprétée comme du mépris. Je n’oublie aucun de ces mails que je reçois. Cela m’était vraiment étrange au début, me voir attribuer plus de légitimité que je ne le fais moi-même.

A l’origine, ce blog ne devait être qu’un passe-temps. Si le temps est passé, je suis toujours là, mes récits également. Ces trois dernières années ont été très rudes, même à mon échelle de grand cabossé. Je suis passé sous le bus, me voilà de nouveau à l’intérieur, certes un peu débraillé, et encore craintif. M’exprimer ici, être lu, peut-être même compris par courts instants, a été déterminant dans mon cheminement ces trois années-là. Sans lecteurs je n’aurais pas écrit tout cela, et si je n’avais pas écrit je suis convaincu que je ne serais pas le même aujourd’hui. Ce serait un peu dommage.

 

Pour ne pas être complètement hors-sujet dans cette conclusion, je remercie aussi les trois lectrices qui auront, elles aussi, tout lu de cet article, ne serait-ce que par conscience professionnelle. Je souhaite presque m’excuser, parce que si tous les clients faisaient comme moi, vous n’auriez plus le temps de les recevoir, trop occupées à les lire. Si j’ignore en vérité tout de ce que vous faîtes, je pense deviner que se rendre ainsi disponible aux intenses projections intimes de tant de personnes est une tâche ardue et parfois ingrate, plus encore lorsque l’on tient autant que vous à l’exécuter avec dévouement et intégrité. Pour finir avec une autre lapalissade, je dirais que les pages blanches, les supports, ne sont pas les personnes que vous recevez, mais bien vous. Vous êtes, je trouve, de merveilleuses pages blanches, et vous suis reconnaissant d’ainsi laisser ces esprits s’exprimer à travers vous.


Parfois, la personne la plus généreuse est aussi celle à qui sont adressés les cadeaux ; merci d'avoir accepté les miens.

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